Portrait de Nathalie Balmana, créatrice de la marque Jeanne Voilier

jeanne voilierNathalie Balmana est la créatrice de la délicate marque Jeanne Voilier. Après avoir eu plusieurs vies professionnelles, cette passionnée de littérature a lancé il y a deux ans cette jolie marque ultra féminine et raffinée. Portrait d’une Boomeuse positive, enthousiaste, pleine de vie et d’énergie.

Nathalie, c’est quoi être une boomeuse ?

Pour moi, être une boomeuse c’est vraiment avoir la possibilité de profiter des années précédentes pour faire un point et tirer parti de toutes les expériences passées. Et pouvoir me consacrer a quelque chose qui convient vraiment à mes envies professionnelles, en m’épanouissant dans un métier qui correspond à tout ce que j’aime faire.

En 2018, vous avez créé Jeanne Voilier, parlez-nous de votre marque

Jeanne Voilier, c’est des soies de jour. Des caracos, des robes en soie ou des sous-robes à intégrer à un vestiaire de jour et ne pas le limiter à la lingerie.

caraco en soie
Une marque très raffinée

Comment avez-vous eu l’idée ?

J’ai travaillé pendant 15 ans dans la communication, dans le domaine de la santé publique. En 2005/2006, à la naissance de ma 4ème fille, j’ai souhaité ralentir mon rythme professionnel et me suis posée la question de ce que j’avais envie de faire.

Je souhaitais être davantage à la maison, mais tout en poursuivant une activité. J’ai ouvert à côté de Lille une boutique de décoration qui était déjà consacrée à l’univers de la femme, avec à la fois de la déco, des produits de soin et du textile.

Au bout de 5 ans, je commençais à m’ennuyer et j’ai décidé de reprendre en parallèle des études de littérature générale et comparée en première année par correspondance, à la Sorbonne. Je suis allée ainsi jusqu’au Master, j’avais toujours eu envie de faire des études littéraires. J’ai pu le faire à un moment où je me sentais prête. Et je trouve que c’est encore mieux d’aborder ces études à l’âge adulte, car on a un autre abord des livres et des œuvres. C’était très enrichissant. 

 De la littérature à la mode

J’étais partie pour faire un doctorat, mais ma situation personnelle (séparation et déménagement) a fait que je n’ai pas enchainé. Et après avoir enseigné quelques temps le français, s’est de nouveau posée la question « qu’est-ce que je fais de ça » ?

Je me suis trouvée dans l’obligation d’avoir suffisamment de liberté au niveau de mon emploi du temps (pour mes filles) et l’impératif de continuer une activité professionnelle.

Là, je me suis vraiment dit «  maintenant je fais un point et je me pose la question de ce que je fais sur le long terme ».

J’ai réfléchi à la création de ma marque pendant un ou deux ans. J’avais déjà l’idée en tête de Jeanne Voilier mais avant de passer à l’acte, il y a un petit moment de flottement..

J’ai commencé à vraiment travailler sur Jeanne Voilier en 2016/17. Pour moi, cela correspondait à quelque chose de logique par rapport à mon parcours. J’avais l’idée de faire un site où je pouvais aussi avoir un petit journal qui me permette d’écrire un peu, de raconter une histoire autour de ce personnage de Jeanne Voilier et de rester dans un univers féminin qui me plait énormément, moi qui ai 4 filles !

J’ai la volonté de glisser par la suite vers un univers de marque plus complexe et de pouvoir m’amuser avec l’écriture.

Jeanne voilier c’est qui ?

J’ai cherché le nom de ma marque très longtemps… Puis j’ai lu une biographie de Paul Valéry où on parlait de Jeanne Voiler. Son nom d’origine, c’est Jeanne Loviton, c’est une fille d’éditeur qui a écrit sous le pseudonyme de Jeanne Voilier. C’était une femme passionnante, avocate, écrivain, toujours habillée de soie blanche.

nuisette en soie
Robe en soie

D’ou vient votre soie ?

La soie vient de Lyon, mais j’ai également une soie qui est tissée en Asie. Les prix de la soie d’Asie sont inférieurs à la française, ce qui permet d’avoir un premier prix abordable, mais je fais quand même très attention à avoir une soie de qualité irréprochable.

caracos
Des caracos qui existent dans différents coloris

J’ai la volonté de travailler essentiellement avec des entreprise françaises, mais c’est compliqué car le soies sont très chères et les entreprises de confection françaises travaillent avec la haute couture, et me disent qu’elles n’ont pas le temps pour les petites marques.

L’exigence française est difficile à remplir, c’est une réalité que je découvre.
Je pensais que ce serait plus facile en France de faire du 100 % français, mais en fait ce n’est pas si évident.

Est-ce que l’on peut parler d’une nouvelle vie depuis le lancement de Jeanne Voilier ?

Oui complètement. C’est épanouissant et enrichissant en terme d’expérience, après, c’est aussi anxiogène.
C’est très excitant à faire. Je ne connaissais pas du tout le domaine de la confection et suis tombée sur des personnes très accueillantes ! J’apprends chaque jour.
Et puis c’est un vrai plaisir de faire les choses qu’on aime. J’ai l’impression de travailler sans travailler.

Des projets ?

Sur l’hiver, j’ai créé une tunique à manche longue pour ouvrir une gamme un peu plus large. Il s’agit d’un motif exclusif dessiné pour la marque par une designer italienne.

foulard en soie
Un motif exclusif pour l’hiver avec ces petits skieurs

J’ai fait un seul produit pour l’hiver car c’est à chaque fois un gros investissement, que pour l’instant j’assume quasiment à 100 %, et parce que je veux toujours un produit très bien fini. Du coup, je préfère réaliser un seul nouveau produit, mais parfait.

Mon but est d’essayer d’élargir la gamme, toujours en 100 % soie. Au printemps 2020, ce sera encore un produit différent.
L’idée, c’est d’avoir des formes de base, épurées et simples, que je vais pouvoir décliner avec différents coloris ou motifs.

Pour vous être une femme de 48 ans ça signifie quoi ?

C’est avoir plus de sérénité par rapport à ce qu’on aborde, parce qu’on a déjà derrière nous des années de parcours, ce qui fait qu’on a un regard un peu différent.
On aborde les choses plus sereinement, de façon plus posée, plus réfléchie.
On sait ce qu’on veut et ce qu’on ne veut plus, ce qui permet de faire des choix un peu plus facilement.

Et puis surtout, c’est l’envie maintenant de me dire que je me fais plaisir dans ce que je fais. Et j’essaie aussi de faire plaisir en proposant des produits qui correspondent, selon moi, à une esthétique qui peut plaire et qui est travaillée.

Vous avez 4 filles, qu’auriez vous envie de leur transmettre ?

Je crois qu’elles ont déjà beaucoup d’atouts…
La joie de vivre, le bonheur d’aborder chaque jour, même en période plus difficile parce qu’il y a toujours des possibilités de rebondir.
Apprendre de ses échecs. Un échec en soi n’est pas un échec. Je pense qu’il y a toujours un moyen d’en tirer quelque chose, de rebondir et de s’accorder quelque chose en plus après.

C’est cette volonté là, cet enthousiasme, que je leur souhaite en tout cas.

Avantages et inconvénients de la cinquantaine ?

Avantages : tout ce que l’on a déjà parcouru. C’est une richesse qui permet de se poser les bonnes questions à un moment donné, et d’aller vers ce que l’on a envie de faire pour être épanouie.

Inconvénients : toujours l’impression de courir après le temps et se dire que ce qui nous arrive, arrive tard, mais en même temps ça n’aurait pas pu forcément se réaliser avant. Ca arrive quand même au bon moment, car on est là pour l’aborder comme on doit l’aborder.

Finalement c’est un bel âge…

 Arielle Granat

Découvrez  l’univers raffiné de Jeanne Voilier ici.

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