Alerte, libido en berne !

Alerte, libido en berne !Libido en berne_Odile bagot_les boomeuses

On a beau savoir que la ménopause va changer un peu la donne dans le couple, a priori dans le bon sens, va tout de même falloir négocier le virage ! Pour éviter de partir dans le décor, je vais commencer par vous asséner quelques principes. (Mes filles adorent quand je me pointe avec mes « principes », elles m’arracheraient alors volontiers la langue !). Dans cette antiphrase, je donne certes dans l’hyperbole, mais ce serait un doux euphémisme que d’imaginer qu’elles m’écoutent avec juste un peu d’impatience … Au passage, vous êtes priées d’apprécier l’art qu’a la modeste gynécologue que je suis de magner les figures de style avec autant de maestria que le spéculum ! (et bam, une métaphore !) La lecture des Boomeuses devrait être au programme du bac de français, vous ne trouvez pas ?

Or donc, pour illustrer les mécanismes de la perte de désir et les moyens d’y remédier, j’ai choisi la forme allégorique.

Comment retrouver l’appétit sexuel en quelques aphorismes :

  • Moins on mange, moins on a faim !

Moins vous avez de rapports, moins vous en aurez envie. Inutile d’attendre que l’envie vous tombe du ciel comme ça, vous pouvez attendre longtemps.

  • L’appétit vient en mangeant !

Il va vous falloir mettre la charrue avant les bœufs, autrement dit : même si vous n’en avez pas une folle envie, vous y allez. Une petite partie de jambes en l’air vous rappellera de bons souvenirs et ne sera pas forcément désagréable … Ça vaut le coup, au sens propre, non ?

  • Pour garder l’appétit et bien digérer, il faut manger régulièrement !

Après une longue période sans relations sexuelles, la muqueuse vaginale devient plus sensible et la reprise des rapports peut entraîner des petits désagréments de type brûlure ou irritation. Un lubrifiant peut alors s’avérer transitoirement utile. Si la pénétration est désagréable au point de vous empêcher de grimper au rideau c’est dommage, mais si pour cette raison, vous repoussez la prochaine fois aux calendes grecques, c’est la cata ! En appliquant un minimum syndical hebdomadaire, si ce n’était pas le nirvana cette semaine, il y aura une session de rattrapage dans huit jours !

  • Avant de passer à table, on met une jolie nappe, ça ouvre l’appétit !

Pour être désirante, il faut d’abord se sentir désirable. Après une douche on peut appliquer un lait pour le corps au parfum voluptueux ou léger selon l’humeur ou le fantasme du jour. Ce contact intime avec son propre corps permet de se sentir belle et attirante, condition sine qua none à l’émergence du désir.

  • En apéro, un peu de préchauffe, ce n’est pas de refus !

Pour Polo, entre le premier stimulus sexuel (un sein, un mollet, une pensée coquine) et le début de l’érection, il y a 6 secondes. Pour sa femme, il faut d’abord une vingtaine de minutes pour qu’elle puisse être en de bonnes dispositions pour envisager un câlin et ce n’est qu’après, avec les préliminaires, que l’excitation va monter et la lubrification apparaître. Pour faire sécréter certaines hormones favorables au coït, on peut stimuler la peau et les zones érogènes en prenant une douche ou un bain aux senteurs sensuelles, faire un peeling de tout le corps qui, en prime, amplifiera la sensation agréable des caresses. Autrement dit, quand il est devenu difficile d’avoir envie, il faut se préparer physiquement et mentalement pour relancer la machine.

  • Il faut surtout « avoir envie d’avoir envie1 »!

Vouloir que ça change, désamorcer le conflit si nécessaire avec Polo et le regarder avec d’autres yeux que ceux de la lassitude ou du ressentiment, le trouver beau et désirable, vous sentir vous-même désirable, voilà quelques pistes à explorer pour retrouver du désir dans votre couple. Vos meilleures alliées seront la fantaisie, comme dit joliment Willy Pasini2 ou le fantasme, version mon ami Sigmund3.

En pratique, je vous propose d’appliquer le SMIC = Sexe Minimum Indispensable et Consenti :

C’est tout simple, il s’agit de se mettre d’accord sur la fréquence qui vous conviendrait à tous les deux pour réamorcer la mécanique. La posologie habituelle est d’une fois par semaine et plus si entente ! Il faut évidemment trouver le bon moment : le p’tit coup du matin n’est pas toujours à votre goût et le soir guère plus, écrasée de fatigue après une grosse journée de travail. Au final, il reste à mettre à profit les délicieuses siestes crapuleuses du week-end et des vacances, d’autant plus que, vu le nombre d’heures de vol avec Polo, vous avez de quoi puiser dans votre répertoire !

Si ces conseils vous semblent un peu taillés au scalpel, ce n’est qu’une question de forme. Pour le fond, je vous partage, certes à ma manière, les techniques sexologiques psycho-comportementales actuellement validées et éprouvées, testées et approuvées dans ma consultation ! Cette petite précaution juste pour vous éviter, comme cela m’est malheureusement arrivé, de m’accuser d’encourager le viol conjugal !

Alors, à l’instar de Bambi et son copain Panpan, laissons-nous gagner par « la maladie du printemps » … 

1 Expression de Sylvain Mimoun, gynécologue et psychiatre. Directeur de l’enseignement de gynécologie et obstétrique psychosomatiques, auteur de plusieurs ouvrages sur la femme.

2 Médecin et sexologue genevois

3 Freud, évidemment ! 

 

Lire aussi : ménopause et radada

2 Comments

  • Si tous les gynécos avait le même dialogue que toi ça serait super ! J’avais fait un article sur ce sujet car c’est très important d’en parler. Une bonne entente dans le couple, et surtout ne pas lacher l’affaire font que le passage délicat de la ménopause peut être bien négocié.
    merci d’en parler

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