Trouver un job après 50 ans

Trouver un job après 50 ans, cela semble aujourd’hui une gageure pour beaucoup de monde ! Avant d’aller plus loin, dressons le décor et tordons d’abord le cou à quelques idées reçues.

Trouver du travail à 50 ans
Comment trouver un job après 50 ans. ©Les Boomeuses

Entreprendre pour trouver un emploi

Si la part des chômeurs de longue durée est un peu plus importante chez le plus de 50 ans 60,2 % contre 41,8 % pour l’ensemble de la population en 2018, le taux de chômage des seniors – avec 6,9% des personnes en activité sans emploi – est nettement inférieur au taux de chômage de l’ensemble des actifs.

Au 1er trimestre 2019, Pôle emploi comptait 916.400 chômeurs de plus de 50 ans (elle les appelle les « seniors ») sur les 3,4 millions de demandeurs d’emplois inscrits en catégorie A¹ (personne sans emploi, mais qui en recherche un de manière active !).

Pourquoi est-ce important de préciser « sur l’ensemble des actifs » ? Parce que selon un rapport de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, la DARES ² en 2018, sur la tranche des 55 64 ans, 44,1 % sont à la retraite, 52,1 % sont en emploi et 3,8 % au chômage. Soit seulement 56% d’actifs !

Maintenant, est-ce plus compliqué pour eux que pour les autres de trouver du travail  ?

Oui et non pourrait être la réponse.

Oui, pour tous ceux – et ils sont très nombreux – qui déclarent avant d’avoir rien entrepris : « de toutes façons, les entreprises ne veulent pas embaucher de senior ». Chez Monsieur Jourdain, cela s’appelle « partir perdant ». Non pour Martine : « Dans la grande banque où je viens d’être recrutée, ils ont été bien contents de trouver un chef de projet qui connaissent tellement bien leur système informatique et qui soit opérationnel dès la première minute. Ils n’ont pas regardé une seule seconde le fait que je suis une femme de plus de 50 ans. »

L’importance du réseau

Ensuite, il est vrai que Martine est en CDD de longue durée, via une société de portage. Cela signifie, que même lorsqu’elle est en poste, elle garde un œil sur les opportunités de son secteur pour trouver sa prochaine mission.

Geneviève, lorsque je m’en suis occupée, avait déjà épuisé un spécialiste aguerri de l’outplacement, l’ensemble de ses amies et … elle-même. En plus de devoir trouver un nouveau travail, elle voulait en plus changer de métier sans avoir suivi aucune formation pour les nouvelles fonctions qu’elle convoitait. Au final, elle travaillait sans relâche sur son projet quand elle avait la chance de décrocher un entretien de réseau, elle était tellement stressée, qu’il mourait dans l’œuf. Elle a trouvé un CDI à 56 ans en six mois, dans le métier de ses rêves – la recherche de partenaires et de mécènes dans une fondation après avoir accepté de lever le pied le week-end pour reprendre des forces.

Réseau, le mot est posé !

Après 50 ans, trouver du travail ne se fait pas par la voie classique qui consiste à envoyer un CV et une lettre de motivation à un responsable des ressources humaines.

Les trois règles d’or pour trouver du travail 

Lorsqu’on est senior, il y a trois règles d’or. La première est qu’il faut tout miser sur le réseau et la recommandation qui fait que vous serez reconnu comme quelqu’un qui peut apporter les compétences et le savoir-faire recherché par l’entreprise, qui plus est avec la garantie d’une recommandation. La deuxième est qu’il faut s’accorder des temps « off », afin de rester au mieux de sa forme. La troisième est qu’il faut vraiment savoir mettre en avant ses compétences préférées et oublier les autres.
Cela évite de passer pour un couteau suisse, « un bon à tout et propre à rien, comme résume un recruteur qui préfère rester anonyme. ».

La règle d’or « joker » est celle de tous ceux qui sont devenus entrepreneurs : « Si tu n’as plus envie d’avoir un supérieur sur le dos, deviens ton propre patron. » Mais là c’est une autre histoire.

Trouver du travail après 50 ans est donc possible, mais plus de la même façon qu’à 20 ans.

 1 Les différentes catégories de demandeurs d’emploi selon Pôle Emploi.
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F13240

2.https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/etudes-et-syntheses/dares-analyses-dares-indicateurs-dares-resultats/article/emploi-et-chomage-des-seniors-en-2018 et https://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/dares_resultats_emploi_chomage_seniors_2018.pdf
53,9 % de femmes et de 58,3 % d’hommes.

Le chat sous le toit

Alice-Hélène Thiéry pour le Chat sous le Toit.
Le Chat sous le Toit organise des stages de formation Booster d’Essentiel Business pour trouver le job de ses rêves cet été.
Il y a même une édition « Spécial 50 ans ». 

 

Photo@Les Boomeuses/Brigitte Lazaroo

2 Comments

  • Les quinquas ont une énergie de folie ! depuis l’age de 42 ans je galère en emploi ! Après plein de CDD j’ai repris une formation de 1 an de secrétaire comptable, diplôme obtenu, et 1 an de recherches infructueuses, même pas un entretien. Alors je replonge dans l’interim. Je trouve un job avec promesse de gestion d’un atelier de traitement des métaux, je vais me former à Pimbousses les oies pendant 3 semaines, j’attends + de 4 mois que la structure soit installée, je commence à bosser, on mets tout en place, je créé les méthodes, 3 mois après l’atelier ferme… pas assez de commandes ! Aujourd’hui à 58 ans, j’ai créé mon propre business dans la lithothérapie, je travaille pour moi, je suis reconnaissante envers moi-même du travail accompli, j’innove, je bosse autant d’heures que je veux, je créé mon propre planning, et je ne suis redevable qu’envers mes clients qui me le rendent bien ! Il en faut de l’énergie quand on a un parcours atypique…

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