On les a perdus en route

Quand on est une Boomeuse, on se rend compte que le temps fait son œuvre de différentes manières, et que ce n’est pas juste sur sa figure que l’on en voit les méfaits, mais également dans son entourage.

 

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Avec maints brins de tristesse, on remarque les blancs dans les rangs. Tous ceux et celles que l’on a laissés au bord du chemin au fil des ans, pour une raison évidente : « ils nous ont quittés » annonce-t-on, le cœur entouré de noir.
Or, la mort, on sait que ça existe, et on n’y peut rien. On ne peut que pleurer, et la déplorer.

Mais les amis* perdus, quelle belle saloperie !

Ceux que l’on croyait fidèles, jusqu’à la mort, justement, et qui vous font sans crier gare le coup du Père François, ou un enfant dans le dos, ceux qui vous désertent d’un jour à l’autre, vous trahissent et vous déçoivent, vous en avez connus de ceux-là ?
Eh oui, il n’y a pas qu’en politique que les amis de trente ans vous font des crasses – dont vous êtes sans doute en partie responsable, vu que dans chaque conflit, il y a deux parties.

 

Divorces… séparations…tout cela vous affecte de diverses façons, parfois indirectes.

Par exemple, vous vous étiez bien habituée au copain de votre fille, à la copine de votre fils, et puis paf, d’un seul coup d’un seul, ils ne sont plus d’actualité. Pfff, disparus, évaporés, même pas la peine de demander où. Ça dégoûte de s’attacher

 

Et je ne parle même pas de la manière dont se rompt ce lien-là : ils ont cliqué vite fait sur un truc qui s’appelle « unfriend », et ciao, les voilà à tout jamais sorti de l’écran – quand ce n’est pas un texto rageur qui met fin sans tiquer à ce que l’on avait cru être un lien indéfectible. Si c’est pas de la chirurgie, ça y ressemble, mais cela n’a vraiment rien d’esthétique.

Quand même, vous avouerez que la crise de confiance, c’est pire que la crise de foi. Quand un allié se met à vous détester, quelle qu’en soit la raison, vous vous dites que changer de trottoir est très inconfortable. On a beau aimer marcher à l’ombre, parfois on souhaiterait n’en faire à personne et que, comme au Pays des Bisounours, les choses soient simples, et – pourquoi pas  –, caricaturales. Les bons d’un côté, dont on ferait partie, et les méchants de l’autre (je ne cite personne). Il pourrait même n’y avoir que des gentils, là, vraiment ce serait le top. Bon, j’ai  bien dit « boomeuse », pas « gâteuse ».

Mais au fond, c’est peut-être mieux ainsi. En perdant de faux-amis, on s’en fait de vrais-nouveaux, en plus de garder les vrais-anciens, et j’espère de tout mon cœur (dont le rythme est très normal) que ceux-ci me survivront.
Ce n’est pas juste que ce soit toujours les mêmes qui pleurent !

* NB : Au féminin, ça marche aussi, hélas.

 

 

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