Ça y est, je suis belle-mère !

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Ça y est je suis belle-mère !

Toutes sortes de blagues circulent à ce propos et, si vous branchez une belle-mère sur le sujet de sa belle-fille (et inversement) vous aurez souvent plus de chances d’entendre des récriminations que des louanges. Le summum étant atteint, paraît-il, chez les mères juives, qui ne supporteraient pas l’intrusion d’une supposée rivale dans la vie de leur fils. Cette petite blague l’illustre, mais ce n’est que de l’humour, bien entendu.

Samuel prévient sa mère : « Je vais te présenter la femme de ma vie. On va la retrouver dans un bistrot, elle sera accompagnée d’autres amies. Surtout, tiens-toi bien ! »
« Pour qui tu me prends ? Bien sûr que je serai discrète, mais laisse-moi deviner laquelle c’est, avant de me la présenter, OK ? »
Samuel et Madame Mère entrent donc dans le bistrot en question. Trois jeunes femmes bavardent joyeusement sur la banquette. Madame Mère s’arrête net, et chuchote à l’oreille de son fils : « C’est celle de gauche, la grande blonde. ».
« Oui, c’est elle ! Mais comment as-tu pu le deviner ? »
« Pas compliqué. Elle m’est très antipathique… »

Venons-en au fait, et à la réalité !

Il y a un certain temps j’écrivais sur Les Boomeuses un billet sur l’art de ne pas être grand-mère. Je maintiens les propos rédigés à cette époque, antérieure à toute réflexion concernant le fait que peut-être, peut-être, dans ma grande innocence, j’avais sauté une phase essentielle à la procréation. Celui de l’arrivée dans ma famille de la jeune femme qui, un jour, peut-être, peut-être, donnerait vie à un rejeton qui transformerait l’intemporelle, que je suis encore, en aïeule. (Argh ! gasp ! ciel !…  Et en plus, je me trouverais mariée à un grand-père ?).

 

En attendant, je peux l’avouer : ça y est, je suis belle-mère !

Ce coup de vieux a été précédé par les cérémonies d’usage, heureusement réduites au minimum, par la grâce du souci de discrétion des jeunes gens impliqués dans cette affaire.

Du reste, la nouvelle m’ayant été annoncée si peu de temps avant la date prévue pour le mariage, j’en suis restée doublement baba. Et même muette, pendant une bonne minute – un silence prolongé qui faillit inciter mes proches à appeler le 15.

Mais quand même, il a fallu ensuite que chacun me demande (et que je réponde) : « Et alors, comment tu vas t’habiller ? Ils ont fait une liste de mariage ? Ils vont aller où en voyage de noces ? Il y a combien d’invités ? Vous faites ça à quel endroit ? »… J’en passe, des plus banales et des plus croustillantes. Du coup, j’ai choisi de porter un chapeau : rouge, afin d’afficher mon émotion, au moins aussi intense que celle du jeune couple.

Pour le reste, la fête se devait d’être aussi simple que républicaine. Mais tout de même… marier son fils, cela signifie bien adopter sa fiancée. Et là, j’ai eu droit à la grande sollicitude de toutes celles qui sont des belles-mères un peu… eh bien, un peu possessives par rapport à leur fils – et il y en a quelques-unes. Telle cette dame qui, compatissante, me dit : « Cela a dû être dur, pour une mère comme vous… » Une mère comme moi ? Une mère comme quoi ? Une mère juive ? Au rebut, les préjugés. Je suis comblée, par une belle-fille de rêve. Loin de me voler mon fils, elle me le ravit !

Au fond, ce qui importe pour toute mère, c’est le bonheur de son petit chéri. Et si, en plus de voir celui-ci épanoui, on gagne une nouvelle (belle, très belle) fille, eh bien, j’avoue être prête à tous les sacrifices. Si donc, par le plus grand des hasards, il advenait que ces deux-là me transforment un jour en grand-mère, peut-être, peut-être, que j’accepterais de lâcher le clavier pour câliner ledit marmot – disons, cinq minutes, de temps en temps ?

Faut quand même pas m’en demander trop d’un coup. Arrêtez-là vos questions, je vous vois venir. J’ai déjà mangé un premier chapeau (rouge) alors, soyez patientes en ce qui concerne le petit bonnet (rose ou bleu).

 

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Mais… où diable sont passés mon crochet et mes aiguilles à tricoter ?

 

 

Photos du film  Sa mère ou moi, de Robert Luketic avec Jane Fonda et Jennifer Lopez.

 

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