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Céphalonie doux secret d’une île

par Evelyne Dreyfus

Céphalonie, la plus méridionale des îles ioniennes avec celle de Zante, la plus grande aussi, est un immense jardin escarpé autour duquel vient danser la masse cristalline bleue et la mousse blanche des vagues. Moins connue que les îles grecques ultra-touristiques, arrêtez-vous ici si vous voulez arrêter la course du temps.

Si vous cherchez à échapper aux paysages-cliché des îles envahies par le tourisme c’est ici qu’il faut se poser pour se faire un cadeau délibérément égoïste. Et n’en partager le secret qu’avec ceux qui méritent ces espaces de paix.

C’est une île aux paysages échevelés où oliviers pluri-centenaires, pins, cyprès, lauriers géants, figuiers, lourdes grappes de bougainvilliers, de bignones ou de jasmins laissent paresseusement le vent doux d’été entremêler leurs feuillages.

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C’est aussi une terre montagneuse (le point culminant est le Mont Ainos à 1628 m) qu’on parcourt sur de petites routes cahoteuses  mais la récompense est au bout du moindre chemin, de la moindre falaise. La mer ionienne, d’une transparence à faire rêver, offre des dizaines de plages absolument magnifiques et répondant à tous les goûts. Outre les grandes plages les plus connues : Myrtos, Antisamos, Makris Jialos, Xi, Skala et bien d’autres, le littoral est parsemé de petiteS criques aux plages non aménagées qui vous donnent l’impression de bénéficier de votre plage privée. De nombreuses plages se prêtent au snorkeling et on peut rencontrer ici les grande tortues Caouannes sur les plages du sud ou des dauphins lors d’une traversée en ferry.

Céphalonie, île refuge

Kefallonia ou Céphalonie est un refuge propice à la méditation qui fait entrer en vous la beauté de la nature. Rien d’ostentatoire ici. L’île a connu une histoire tragique. Un séisme de 7,5  sur l’échelle de Richter l’a quasiment détruite entièrement en 1953. Les seuls communes relativement épargnées qui restent sont, au Nord de l’île  Fiskardo et Assos.

Une tragédie qui a sans doute forgé l’esprit des habitants dont la plupart a dû reconstruire tout à partir de rien. L’accueil empathique et chaleureux que ressentent les visiteurs d’aujourd’hui, semble dire à chaque instant : merci d’être présents, merci d’apprécier la beauté naturelle de notre île. Cette douceur un peu nostalgique, on la retrouve aussi dans le Kantadès, que vous aurez probablement l’occasion d’entendre, le soir venu, chantés en cœur par des Grecs attablés en bordure de plage. 

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Longtemps occupée par les Vénitiens, (mais aussi plus brièvement par les Turcs, les Anglais, les Français Céphalonie en a gardé un certain esprit et des coutumes inspirées de l’Italie voisine. Les restaurants servent tous des plats de poissons grillés à la perfection et à des tarifs très avantageux. Partout aussi on trouve des plats de pâtes et des vins locaux issus des nombreux vignobles céphaloniens. S’il est difficile d’être déçu par cette gastronomie non grasse et faite de produits frais idéalement cuits, il faut s’armer de patience côté service : il est partout très long mais toujours aimable voire généreux ; en vous voyant revenir à deux ou trois reprises il arrive qu’on vous offre un gâteau à l’orange ou une pastèque au moment du dessert.

La capitale, Argostoli (entre 12 000 et 13 000 habitants) est animée et plaisante, fut l’un des ports les plus riches des îles grecques. Elle aligne quantité de restaurants et bars au très beau design le plus souvent. 

Et les cafés servis partout sont des cafés italiens excellents. Une très longue rue piétonne bordée de boutiques permet d’alterner les activités avec une promenade sur le pont construit en 1813 par l’administrateur de l’île Philippe de Bosset. Récemment rénové, c’est le plus grand pont de pierre d’Europe : 700 mètres de long. Il permet de relier Argostoli à la côte opposée vers le lagon de Koutavos, véritable réserve naturelle pour la faune aquatique et les oiseaux.

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C’est aussi d’Argostoli que partent de très nombreux bateaux, ferries, autocars pour aller à la découverte des nombreux spots naturels alentour. Parmi les immanquables –qu’on peut aussi atteindre en voiture- le lac souterrain de Melissani tout proche, à l’Est de l’île de Sami. Ses eaux d’un bleu-vert incomparable se visitent en barque. Elles communiquent par des galeries avec des gouffres situés 15 km plus loin. Un enchantement.

Le lac Melissani se  visite généralement dans la foulée de la grotte, toute proche de Drogarati. A l’extrémité Nord d’Argostoli se trouvent les katavothres ou moulins de la mer. Ce sont des trous qui aspirent la mer. L’eau traverse le lac Melissani et finit sa course en mer, quatorze jours plus tard dans le village de Karavolukis. Un phénomène sans équivalent. Pour qui s’y intéresse, Céphalonie est un étonnement permanent.

L’église aux serpents miraculeux

De curiosités naturelles en curiosités surnaturelles vous pouvez, en passant du côté de la très belle station balnéaire de Skala faire un petit tour du côté de l’église de Markopoulo.

Elle se mérite, il faut franchir quelques kilomètres en montagne en direction de Poros. Là se déroule chaque année le « miracle » du 15 août qui draine une nombreuse population impatiente de voir sortir et de pouvoir toucher des serpents blancs sous l’orthodoxe bénédiction. Le jour de la fête de la Dormition de Marie, des serpents non venimeux portant naturellement une sorte de croix sur la tête grimpent sur les icônes et se laissent prendre dans les mains par les fidèles qui les croient sacrés.

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D’où vient cette croyance ? Au récit de paysans qui auraient témoigné que devant la menace d’attaques par des pirates, un couvent de moniales s’est trouvé miraculeusement entouré de ces serpents qui ont fait fuir les malfrats. Depuis lors les serpents seraient revenus chaque mois d’août et prennent congé après la fête. D’où viennent les serpents ? Mystère. En tout cas pour les mécréants ! Toujours est-il que leur absence serait vécue comme un très mauvais présage. Alors…

Céphalonie en pratique

Y ALLER

En saison, Céphalonie peut, depuis récemment être atteinte, les mercredis et samedis par vol direct avec Transavia jusqu’au dernier week-end d’octobre. A l’aller une escale très courte sans changement d’avion est faite à Prévéza (qui se trouve à une vingtaine de minutes d’avion d’Argostoli). Au retour, vol direct Argostoli-Paris en 2h30 de vol environ.

Hôtel coup de coeur

On peut facilement louer des villas individuelles sur l’île mais voici le contact d’un boutique-hôtel coup de cœur tout proche de l’aéroport d’arrivée. Le Leivatho hotel à Avithos.
36 très grandes chambres joliment équipées avec une petite terrasse donnant sur des massifs de lauriers, de romarin, de thym-citron. Un restaurant excellent où les plages horaires sont très élastiques. Jolie piscine et terrasse de restaurant surplombant la petite plage en contrebas et des tarifs abordables (à titre d’exemple 1200 € à deux, petit-déjeuner inclus pour une semaine au tout début de septembre). Personnel très sympathique et sympathiques chatons affectueux jouant dans le parc comme d’ailleurs partout sur l’île. Et surtout : calme absolu dans les chambres.

Où manger

Bonne cuisine à peu près partout. Beaucoup de poissons et fruits de mer excellents, plats grecs mais aussi d’inspiration italienne. Il n’est pas rare de pouvoir choisir son poisson chez l’un ou l’autre pêcheur qui expose ses poissons pêchés du jour dans une vitrine réfrigérée et le fait griller à votre demande. Un petit salut amical à la Taverne To Enetiko surplombant la plage d’Avithos proche de l’hôtel Leivatho. On vous a vus à  leur table deux soirs de suite et voilà qu’on  vous offre une assiette de pastèque en dessert ou une tranche de gâteau grec pour accompagner le petit expresso du matin. C’est aussi ça le secret de vacances heureuses.

Belle adresse aussi (merci le Guide de Routard) du côté de Sami dans l’Est de l’île lorsqu’on va visiter le lac de Melissani, plus précisément à Agia Efimia : le restaurant Paradise Beach qui, sous sa tonnelle, surplombe une petite plage d’eau translucide

 

Evelyne Dreyfus 

Lire aussi : Tchéquie, à la découverte du patrimoine juif

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