Montre moi l’étiquette, je te dirai quel cosmétique tu es

Envie de savoir ce qu’on met sur sa peau comme on a envie de savoir ce qu’on mange ? Comment fait-on pour déchiffrer l’étiquette de sa crème cosmétique parfois microscopiques et y comprendre quelque chose ?

Avant tout, il faut le savoir la réglementation imposée dans l’Union européenne est stricte. Notre réglementation interdit environ 1500 ingrédients dans les cosmétiques (contre une trentaine seulement interdits aux USA). En dehors des fonctions du produit, de la contenance et des dates de péremption (obligatoire si elle est inférieure à 30 mois), il y a, bien sûr les ingrédients. Et là, on en perd parfois son latin.

pot cosmétique ouvert publiée dans le magazine les boomeuses

Savoir lire l’étiquette de sa crème cosmétique

Voici, avec l’aide notamment des informations des Laboratoires Pierre-Fabre, quelques mentions à repérer pour vous y retrouver.

D’abord, explique Pierre Contreras, pharmacien responsable chez Pierre-Fabre Dermo- Cosmétique, tous les ingrédients intentionnellement ajoutés même en très faibles quantités, doivent être mentionnés sur l’étiquette. Le nom des ingrédients est défini au niveau international par l’INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) : un langage commun quel que soit le pays de commercialisation. Pour apprendre les éléments essentiels sachez que

  • Les ingrédients d’origine naturelle (plantes) sont en latin
  • Les ingrédients usuels ou issus de synthèse chimique sont en anglais
  • Les colorants se reconnaissent aux initiales CI (Color Index) suivies de 5 chiffres
  • Il est obligatoire de lister 26 allergènes potentiels s’ils sont dans la formule
  • Les ingrédients sous forme de nanomatériaux doivent être suivis de la mention NANO
  • La réglementation européenne ne fait pas de distinction pour les formules labellisées Bio. Elles ont les mêmes obligations d’étiquetage que les produits non Bio

Les ingrédients dont la concentration est supérieure à 1% sont classés par ordre décroissant de leur pourcentage.

En réalité, les 3 ou 4 premiers ingrédients cités représentent généralement 80 % de la composition de la formule

On peut certes se demander à quoi servent ces étiquettes que les consommatrices ont, globalement, peu de chances de comprendre surtout lorsque les mentions sont en latin ou en anglais. En fait, si vous êtes allergiques à un ingrédient en particulier, vous apprendrez, malgré tout, à vite le reconnaitre avant d’acheter le produit. Les dermatologues et les pharmaciens en tout cas peuvent vous y aider. Mais ce n’est pas parce que votre voisine est allergique à l’un des allergènes cités que vous-même le serez. De la même manière, l’industrie alimentaire peut souligner la présence d’allergènes potentiels comme le gluten, les cacahuètes ou les fruits à coques sans pour autant que vous soyez concernée.

Faut-il se méfier de nos cosmétiques ? 

Vous vous méfiez, à tort ou à raison (rien n’est définitivement tranché) de certaines substances ? Apprenez à les déchiffrer :

Les conservateurs parabens (utilisés depuis fort longtemps) ont des noms qui se terminent par « zoate » ou « paraben » (ex. : parahydroxybenzoate, propylparaben etc). Les silicones sont mentionnés avec des mots en « cone », « one », « xane ». Les polymères PEG ou PPG, dérivés de la pétrochimie se reconnaissent dans les propylènes ou polyéthyléneglicol. Les phtalates que l’on trouve beaucoup dans les vernis à ongles, les parfums et certains produits coiffants sont peu à peu abandonnés dans la mesure où ils sont repérés comme perturbateurs endocriniens.

Et enfin, que penser des produits qui affichent souvent fièrement leur label Bio ? Ils prennent de l’importance, sont de mieux en mieux formulés, mais il faut se méfier de l’association bio= naturel = non toxique. Certaines huiles essentielles notamment ont de forts potentiels allergisants. Et certains labels ne demandent que 10 % d’ingrédients Bio pour délivrer leur étiquette. Il faut donc là aussi rester vigilantes.

Evelyne Dreyfus

Photo Stefan Schweihofer

3 Comments

  • Bonjour. Facile de vérifier avec l’appli « INCI Beauty », recommandée par une amie chimiste et qu’on devrait toutes utiliser. Les produits sont notés et la composition est détaillée par couleur. Simple et efficace. Éviter le rouge et les ´fameux’ perturbateurs endocriniens.

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