Sur les pas de Chateaubriand, de Combourg à Saint-Malo, entre romantisme et bien-être aux Thermes marins

Clin d’œil de l’histoire, les ministres des Affaires étrangères du G7, se réuniront à Saint-Malo (ainsi qu’à Dinard) les 5 et 6 avril 2019, dans la cité natale de Chateaubriand. L’écrivain, qui fut aussi ministre des Affaires étrangères en 1822, est également à l’honneur comme figure de la « Bretagne romantique ». Son amour de la mer – « J’aime entendre le refrain des vagues » – se perpétue aussi de manière originale aux Thermes marins.

Combourg, « petite cité de caractère », située à 36 kilomètres au sud de Saint-Malo, entretient sa réputation de « berceau du romantisme » et le souvenir de François-René de Chateaubriand (1768-1848). Au détour d’une rue, un artistique trompe-l’œil de l’écrivain orne une façade. Un peu plus loin, le « Romantic », bar-restaurant rend abordable à tous l’auteur des « Mémoires d’outre-tombe » en proposant un « menu ouvrier » ! Mais l’atmosphère médiévale reprend ses droits lorsque l’on contemple l’imposante forteresse et ses quatre tours massives en poivrière qui dominent la ville, un vaste parc et un paisible étang, le bien nommé « lac Tranquille ».

 

TROMPE L'OIL SUR UNE FENETRE DE CHATEAUBRIAND À COMBOURG
Trompe-l’oeil sur un édifice de Combourg ©YH

 

 

Sur les pas de Chateaubriand

Descendante de l’écrivain, la comtesse Sonia de la Tour du Pin nous accompagne lors de la visite du château. « C’est ici, dit-elle, que Chateaubriand passa une partie de son enfance, mais surtout qu’il y trouva l’inspiration de son œuvre ». Au-delà du « visage de pierre », il évoque lui-même l’influence de ces lieux : « C’est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis, que j’ai commencé à sentir cette vague tristesse qui a fait à la fois mon tourment et ma félicité, c’est là que j’ai cherché un cœur qui pût entendre le mien. » Devant le buste sculpté par David d’Angers qui trône dans le vestibule de l’entrée, la comtesse cite la phrase qui résume le parcours de ce grand témoin de l’histoire de France : « Je suis républicain par goût, royaliste par raison et bourboniste par honneur. » Nous traversons des salons et surplombons une cour intérieure, avant de gagner la tour du Chat qui abritait sa chambre. Pourquoi ce nom ?

Château de Chateaubriand à Combourg
Le château de Combourg © YH

La demeure était-elle, comme on le susurrait naguère, hantée par des fantômes ? L’écrivain évoque dans ses écrits, « une jambe de bois qui marche toute seule – celle du comte de Combourg, mort trois siècles plus tôt – accompagnée d’un chat noir dont on pouvait entendre les miaulements ». Au cours de la restauration du château, au XIXe siècle, des ouvriers découvrirent d’ailleurs le cadavre desséché d’un chat. Selon une tradition moyenâgeuse, emmurer un chat vivant permettait de conjurer le mauvais sort. Toujours est-il que le squelette de l’animal momifié reste exposé sous vitrine dans la chambre occupée jadis par le jeune Chateaubriand…

Photo du chateau de combourg ou vécut chateaubriand
Le château de Combourg © YH

Le rocher du héros romantique à Saint-Malo

Direction Saint-Malo. La longue plage de sable du Sillon reste hérissée de pieux servant de brise-lames. C’est là que Chateaubriand se livrait à l’une de ses « espiègleries » en compagnie de son copain et garnement en chef, Gesril. Un jour, perchés sur ces pieux, la bande poussa Hervine, une enfant, dans le fracas des flots : « Le jusant l’entraîne, raconte-t-il dans ses Mémoires, aussitôt mille cris… Heureusement, Hervine fut repêchée. ». Le jeune Chateaubriand, à l’époque « chevalier dépenaillé et fort mal considéré » a sans doute fait les 400 coups, mais la cité ne lui en a pas tenu rigueur. Sa statue figure en bonne place sur l’esplanade, face à la porte Sainte-Vincent, entrée principale de la ville close de granit, encore appelée « Intra-Muros ».

Photo de plage à saint-malo
Les pieux de la plage de St-Malo chers à Chateaubriand, enfant © YH

Protégé par 1856 mètres de remparts bat ici le cœur de la vielle ville qui n’abrite pourtant que moins de 1500 habitants sur près de 50 000 Malouins. Là se dresse aussi le château qui héberge l’hôtel de ville, sur lequel flotte fièrement – plus haut que le drapeau national – le pavillon de la cité, bleu à croix blanche et quartier rouge broché de l’hermine, symbole de la Bretagne.

château en pierre à saint-malo
Le château de Saint-Malo à l’abri des remparts de la vieille ville © YH
La vieille ville de Saint-Malo
La vieille ville de Saint- Malo entourée de remparts © YH.

La cité corsaire

Le temps d’arpenter les rues de la « cité corsaire » et de saluer au passage l’un de ses meilleurs représentants, Surcouf, « le tigre des mers » qui semble toujours prêt à l’abordage de galions britanniques, et nous nous dirigeons vers le Grand Bé. À marée basse, l’îlot est accessible à pied. C’est sur ce gros rocher, que selon ses vœux, est enterré Chateaubriand, pour toujours tourné vers la mer ; celle-là même « dont le bruit, notait-il, berça mon premier sommeil ». La tombe ne comporte aucune inscription. Mais, non loin, une plaque fixée sur un mur, précise : « Un grand écrivain français a voulu reposer ici pour n’y entendre que le vent et la mer. Passant respecte sa dernière volonté. »

tombe en pierre de Chateaubriand posée au bord de la mer de Saint-Malo
Le tombeau de Chateaubriand sur l’îlot du Grand Bé, face à Saint-Malo © YH

Au retour sur la terre ferme, nous longeons la plage du Bon-Secours bordée de manière inattendue par une piscine. « Elle a été construite à la Belle époque, en 1936, renseigne Coralie, notre guide. En plein essor des établissements de bains. L’idée était de fournir une alternative aux vacanciers qui renonçaient à se baigner les jours de forte marée. » Ce plan d’eau artificiel, bien ancré sur les rochers, a traversé les décennies. Il apparaît comme un ancêtre du tourisme balnéaire florissant de la région.

Séjour « Mer & Équilibre » aux Thermes marins

Le bâtiment majestueux des Thermes marins étalé sur la rade s’impose comme un fleuron incontestable de la quête de bien-être. Le centre de thalassothérapie a été créé en 1963 et repris en 1981 par Serge Raulic. Le Pdg, jeune septuagénaire, évoque sa passion – « J’avais fait mes classes durant sept ans à Quiberon comme adjoint de Louison Bobet » – et sa réussite : « Nous accueillons aujourd’hui 34 000 clients par an. Nous sommes les leaders de la thalassothérapie française et reconnus comme tels par nos pairs. » C’est une belle aventure familiale depuis trois générations. Son fils, sa fille et son gendre sont en effet prêts à la perpétuer. Serge Raulic insiste sur le « professionnalisme des équipes » qui concoctent des améliorations chaque année. En 2019, le séjour « Mer & Équilibre » est mis en exergue. Il s’appuie sur les quatre piliers de l’établissement : la thalasso, le spa, l’activité physique et la nutrition.

Femme en train d efair eun massage du dos avec de la boue verte
Enveloppement d’algues © Thermes de St-Malo

Les bienfaits de l’hydrothérapie marine

Rien de tel qu’un petit échantillon de soins pour vérifier les vertus de l’hydrothérapie marine. Nous nous transformons d’abord en petit homme vert, grâce à un enveloppement complet du corps par une crème d’algues chaude. « Notre crème, en provenance du Finistère, est la plus riche en oligoéléments du marché », nous précise-t-on. Nous goûtons ensuite aux joies du drainage par un puissant jet d’eau dans une baignoire, histoire de faire baisser nos tensions éventuelles. Dans la foulée, autre exercice relaxant qui invite à lâcher prise définitivement, un massage de la tête, intitulé « Réflexologie crânienne émotionnelle ». Après une pause méritée – endormissement aidant – nous découvrons le plaisir des modelages. Lors du modelage sous affusion, une fine pluie d’eau de mer chaude balaye notre corps, tandis que l’hydrothérapeute procède à un massage aux huiles essentielles. Et pour finir, un modelage oxygénant du visage « active le système lymphatique et redonne à la peau son éclat ».

mains en train de faire un modelage à Saint-Malo
Modelage du visage © Thermes de St-Malo

Ainsi remis en forme, vous pouvez aligner les longueurs dans la piscine ou vous lancer dans un parcours Aquatonic qui stimule la circulation sanguine. À moins que vous préfériez une pause déjeuner aux restaurants « Cap Horn » ou « La Verrière », aux menus forcément équilibrés.

la salle de restaurant des thermes marins de Saint-Malo avec vue sur la mer
Restaurant le Cap Horn aux Thermes © Thermes de Saint-Malo

L’heure du retour approche. Dernier hommage à Saint-Malo sous forme d’une balade en bord de mer. Nous remplissons nos poumons d’embruns iodés. Mais, en cette période de fort coefficient de marées, nous sommes aussi, comme tous les promeneurs, abondamment éclaboussés par les vagues. Nous nous remémorons alors une pensée de Chateaubriand : « J’ai été élevé, écrivait-il, comme le compagnon des vents et des flots ».

Yves Hardy

Saint-Malo pratique

Y aller. Paris-Saint-Malo : TGV direct en 2h14.
Y séjourner. Grand hôtel des Thermes avec vue sur la mer. 

Y déjeuner. Repas gastronomique au Cap Horn, au sein du Grand hôtel des Thermes. 

À lire. « Mémoires d’outre-tombe » de Chateaubriand (Livre de poche).

Renseignements :
 www.thalasso-saintmalo.com/fr, www.saint-malo-tourisme.com et https://tourisme.bretagneromantique.fr

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