L’art et l’enfant au musée Marmottan

L’art et l’enfant , musée Marmottan Monet

lart et lenfant-musee marmottan-Les boomeuses
La précaution, Jean-François Millet

J’ai visité durant mes vacances de Pâques, oui, n’en déplaise à la laïcité ambiante, je continue à dire ” vacances de Pâques ” et non de ” Printemps”,  tout comme je continuerai à évoquer les vacances de Noël, pour lesquels les puristes n’ont pas encore trouvé de nom de remplacement, l’exposition ” L’art et l’enfant” au musée Marmottan Monet.

J’ai adoré et aussitôt ressenti le besoin de partage qui est le mien … Il m’a fallu un peu de temps pour arriver à comprendre pourquoi cette exposition m’avait intéressée autant. Je crois le savoir aujourd’hui. On voit trop souvent un cloisonnement entre l’histoire de l’art et l’histoire tout court. Or, évidemment, rien ne peut se comprendre vraiment si on écarte le contexte historique des oeuvres d’art. Ce domaine de l’enfance dans la peinture et ses représentations ne déroge pas à cette nécessité. Surtout dans la mesure où il s’agit de montrer une évolution dans la création artistique.

Pourquoi faut-il attendre le 18ème siècle pour voir représenter en peinture des enfants d’origine sociale modeste ? Voire des familles ?

Par quelles méthodes de “dressage” est-on passé avant de considérer l’enfant comme un être à aimer ? Montaigne dans ses Essais évoque ce  nécessaire “dressage” , l’enfant étant alors, au 16ème siècle, considéré comme proche de l’animal. Au 17ème siècle, on ne s’approche encore qu’à distance des enfants. Il faut attendre le 18ème siècle, le développement de la contraception surtout dans les villes, pour que se renforcent les marques d’affection. Et encore, cela est-il paradoxal car beaucoup de jeunes enfants sont exploités, envoyés dans des manufactures où leur petite taille trouve sa raison d’être. Le 18ème siècle qui place l’enfant au centre de la famille est aussi le siècle noir de son exploitation.

Toutefois, comme le souligne l’historien Jacques Gélis dans le catalogue de l’exposition ” le monde de l’enfance d’autrefois n’était ni un enfer ni un paradis et la prudence est de mise lorsqu’il s’agit de restituer l’enfance vécue” … Gardons nous donc de jugements hâtifs et promenons nous dans cette exposition qui fait revivre l’enfant dans le temps.

On voit se développer les jeux qui trouvent leur place dans l’éducation au 18ème, l’hygiène fait également de gros progrès. J’aime beaucoup Millet, peintre réaliste de cette époque et ses scènes douces de campagne comme ” La Becquée” ou ” La précaution maternelle”, des instants que le peintre semble avoir saisi sur le vif alors même que tout n’était peint que de mémoire. Entre villes et campagnes, dans un jardin public ou au travail dans les villes, dans le jeu, le sommeil, entouré de sa famille ou seul, immobile ou en mouvement, en costume d’apparat ou vêtu de guenilles  se dessine, dans cette magnifique exposition, une histoire de l’enfance qu’il nous appartient de compléter par la suite par des lectures ou d’autres toiles qui n’ont pu être présentées ici.

Un joli moment riche d’émotions et qui donne à réfléchir, voilà de quoi nous régaler !

 

L’art et l’enfant, chefs d’œuvres de la peinture française, du 10 mars au 3 juillet 2016 au musée Marmottan Monet.
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h, 2 rue Louis-Bouilly, 75016 Paris.

Dominique Mallié, blogueuse nous livre chaque mercredi sa vision de cinquantenaire sur des sujets qui la touchent, l'émeuvent ou la font s'interroger sous la forme de chroniques au ton décapant. Elle tenait le blog «chic, j’ai cinquante ans » sur l’Express Styles avant de rejoindre Les Boomeuses. Prof de lettres, elle organise régulièrement des lectures de textes qu'elle écrit dans sa ville d' Avignon. Passionnée d'art, elle court les expositions et nous fera également partager quelques-uns de ses coups de coeur pour les artistes.

 

Lire aussi : Et si la cellulite fondait  avec le soleil ? 

5 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *