Escapade à Cordoue

L’Andalousie est toujours attirante. Dans cet écrin espagnol se cache un bijou nommé Cordoue. Pour deux ou trois jours c’est une destination romantique en diable, à deux heures trente à peine de Paris Et encore moins si vous êtes dans le Sud.

L’Andalousie, c’est bien sûr Grenade et son Alhambra, Séville et sa place d’Espagne. Pourtant, non loin de ces villes, vous tomberez sous le charme d’une échappée belle à Cordoue. Au cœur de ce que furent ces territoires sous domination musulmane sept siècles durant. Cette vaste étendue territoriale où les communautés musulmanes, chrétiennes et juives auraient, selon les récits, vécu l’âge d’or de l’entente cordiale et de la tolérance générale. Ce n’est pas tout à fait vrai on le sait. Loin d’être faux non plus. Et comme on ne l’ignore pas, cela s’est plutôt mal terminé en tout cas pour les musulmans et les juifs.

Mais, incontestablement, les joyaux architecturaux en témoignent avec force, ce fut un foyer de haute culture au sein de l’Europe, avec un essor sans précédent du monde musulman et l’épicentre d’un foisonnement culturel admirable. Et cette excellence intellectuelle et culturelle c’est à l’époque du califat de Cordoue, précisément, dès la fin du Xème siècle qu’elle a vécu son apogée. Cordoue hébergeait entre ses murailles les plus grands scientifiques, philosophes et lettrés aussi bien musulmans que juifs. Parmi eux, le célèbre rabbin et philosophe Maïmonide dont la statue, dans Cordoue, avoisine celle de son non moins célèbre contemporain musulman, le médecin, théologien et philosophe Averroès.

statue de maimonide à Cordoue
Le célèbre rabbin et philosophe Maïmonide

Cordoue et son prestigieux passé

Cordoue brille encore de l’éclat de son prestigieux passé. Il n’est qu’à voir la Mezquita, autrement dit l’imposante et somptueuse mosquée-cathédrale datant de l’ère des Omeyyades. Rares sont les monuments dans le monde à provoquer une telle émotion. En toute logique elle est classée Patrimoine Mondial de l’Humanité depuis 1984 (comme d’ailleurs une bonne partie du centre historique de la ville) et est devenue Valeur Universelle Exceptionnelle en 2014. Sur une surface de 24 500 m2, ouverte à tous, tous les jours de l’année, elle est un livre d’histoire ouvert sur le monde. Dans la Mezquita une forêt de colonnes comportant, pour certaines des chapiteaux récupérés d’édifices wisigoths ou romains, supporte les arches mauresques à perte de vue. Il suffit de quitter l’une des nefs pour pénétrer dans la cathédrale chrétienne construite ultérieurement lors de la Reconquête par Ferdinand III de Castille. Puis, en sortant par le Nord-Ouest de la mosquée on aborde une multitude de rues étroites qui constituent l’ancien quartier juif d’où ne subsistent que les murs d’une petite synagogue parmi les très rares qui restent en Espagne.

La Mezquita de Cordoue
La Mezquita, rares sont les monuments dans le monde à provoquer une telle émotion.

 Une ville jeune

Cordoue est aussi une ville jeune, pleine d’étudiants qui s’attardent comme tout un chacun dans la Cour des orangers de la mosquée, plantée de bigaradiers, de cyprès et de palmiers, avant de descendre, tout près de là le long des rives du fleuve Guadalquivir, haut lieu de festivals, de spectacles, parsemée tout du long d’innombrables restaurants branchés et très animés. C’est un lieu à ne pas manquer d’autant que c’est là que vous vous mêlerez à une tradition bien ancrée en Espagne : le paseo. Cette flânerie du soir unit toutes les générations pour une balade en quelque sorte apéritive avant le dîner tardif espagnol. Le long du Guadalquivir vous ne manquerez donc pas de rencontrer des femmes en tenues très soignées et maquillées aussi bien que des petites tirées à quatre épingles et parfois, elles aussi, un peu maquillées. N’hésitez pas à traverser le beau Pont romain avec ses seize arcs qui vous mène de l’autre côté de la rive et du centre historique.

jardin à Cordoue
Il fait bon flâner la Cour des orangers de la mosquée, plantée de bigaradiers, de cyprès et de palmiers,

>>> Lire aussi : La Bobadilla, un petit paradis andalou pour une escapade en mode slow 

En deux ou trois jours vous aurez le temps de voir toutes les merveilles de la ville et en particulier ses innombrables patios fleuris, de faire un tour à l’Alcazar des rois chrétiens, ancienne forteresse devenue jardin d’agrément ou aux écuries royales. Vous pourrez aussi entrer chez l’un des artisans de cuir ornemental, le Guadameci (une technique très en vogue entre le XVIème et le XVIIIème siècle, caractérisée par l’application d’une fine couche d’argent sur du cuir tanné servant de base à des motifs peints). Il est vrai que la ville de Cordoue, avec son savoir-faire, nous a légué le mot cordonnier.

maison à Cordoue
Les jolis immeubles de la ville et ses patios fleuris

Enfin, en vous éloignant d’une quinzaine de kilomètres seulement à l’Ouest de Cordoue, vous aurez vraiment un aperçu assez complet en allant visiter le passionnant site archéologique de Madinat al-Zahra, vaste vestige de la cité du califat omeyyade d’Abd al-Rahman III, construite en 940. Le site se trouve sur un promontoire permettant une vue imprenable sur la vallée du Guadalquivir. Ce qu’il reste de cette cité témoigne de sa splendeur passée, du raffinement et du luxe qui y régnaient.

Assurément Cordoue est de ces villes qu’on n’oublie pas.

Evelyne Dreyfus

 A voir 

Y aller

Il faut passer par Séville desservie par plusieurs compagnies dont Transavia (en lowcost) à partir de plusieurs villes en France www.transavia.com. Comptez 2h25 de vol depuis Paris. Puis 30 mn de train à grande vitesse entre Séville et Cordoue voir avec www.renfe.es

Se renseigner

www.spain.info/fr

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