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Neck and Face Lifting, le lifting (nouvelle génération) du Dr Patrick Trevidic

par Arielle Granat

Le Dr Patrick Trevidic est chirurgien spécialiste en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, Chef de Service au GHU PARIS et l’un des spécialistes du lifting. Nous l’avons rencontré pour évoquer les avancées considérables de cette chirurgie, notamment au niveau du cou avec sa technique Neck and Face Lifting.

Une rencontre passionnante autour de l’histoire, déjà ancienne, du lifting et de ses évolutions.

 

Parlez-nous du lifting et de votre technique Neck and Face Lifting`

Dr. Patrick Trevidic : En réalité, il ne s’agit pas d’une nouvelle méthode. En médecine comme en chirurgie, il y a rarement de très grandes avancées d’un seul coup. La plupart du temps, ce sont plutôt les marches d’un escalier que l’on franchit progressivement.

Pour comprendre, il faut remonter à l’histoire du lifting. Le premier lifting a été réalisé en 1926 par Suzanne Noël, une femme médecin. Il s’agit donc d’une chirurgie très ancienne, dont les bases ont été établies à cette époque.

Il y a 50 ans, on réalisait des liftings cutanés : on tirait simplement sur la peau. La première grande étape intervient en 1976, avec un rapport de la Société française de chirurgie plastique qui met en évidence, anatomiquement sous la peau, un plan profond appelé le SMAS. En parallèle, apparaît la découverte de la lipo-aspiration.

Ces deux découvertes ont permis aux chirurgiens de travailler ce plan profond et de le décoller plus ou moins. La traction ne va plus porter sur la peau, mais sur le plan profond ce qui va donner un résultat plus naturel, avec moins de décollement donc moins d’œdèmes et des suites plus simples avec une meilleure efficacité et de pérennité.

Parmi les autres grandes avancées, on oublie souvent celle de l’anesthésie tant au niveau des produits anesthésiques que des machines qui surveillent les patientes, grâce à ces progrès je réalise tous mes liftings en ambulatoire.

 

Quelle était le principal problème rencontré avec le lifting ?

P.T : Après un an, 35 % des gens opérés constataient un relâchement du cou. Il y a dix ans, en faisant ce constat, je me suis demandé pourquoi ce taux si important suite au lifting, et comme souvent en médecine ou chirurgie, j’ai eu un coup de chance.

J’ai un service de chirurgie reconstructrice (dans un hôpital de neurologie le GHU PARIS) où je traite beaucoup de paralysie faciale.
Je me suis rendu compte, que du côté paralysé, le cou ne pendait pas.

Le vieillissement du cou se caractérise par l’apparition de cordes verticales que l’on appelle cordes platysmales, et de rides horizontales connues sous le joli nom de collier de Vénus. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces stigmates du vieillissement ne sont pas causés par l’affaissement des tissus mais par l’action d’un muscle superficiel du cou, le platysma. Nous avons observé qu’avec l’âge, le platysma avait tendance à se tendre ce qui a pour effet de le rendre apparent, mais aussi de tirer la peau, ainsi que la graisse, vers le bas, entraînant l’apparition en plus des rides horizontales.

Une étude réalisée et publiée en 2017 sur des patients atteint de paralysie faciale unilatérale définitive non spasmodique l’a démontré. Ces personnes présentaient en effet une bande du platysma du côté non paralysé alors qu’elle était absente du côté atteint, révélant ainsi que ces structures n’étaient pas secondaires à un relâchement cutané ou musculaire, mais bien consécutives à l’hyperactivité du muscle platysma.

Ces patients montraient également peu de ptose cutanée du côté paralysé par rapport au côté non paralysé, suggérant que la peau du cou suit la localisation et l’action du muscle platysma et non l’inverse.
C’est grâce à cette étude qu’un nouveau paradigme chirurgical est apparu, passant du resserrement traditionnel des structures du cou au ciblage de leur cause probable, l’activité musculaire excessive par dénervation du platysma.

J’ai donc commencé à opérer avec cette méthode et le taux est passé de 36 % à 10 %.

                                                                     lifting d'une femme de 60 ans par le Dr. patrick Trevidic

A quel âge faut-il faire un lifting ?

Dr. P.T : Il n’y a pas vraiment d’âge. En fait, je dirais entre 45 et 120 ans ! Certaines personnes sont plus ou moins marquées par le temps et la génétique. Souvent, les femmes – et les hommes – prennent conscience du vieillissement de leur visage à l’occasion d’une photo prise avec le mauvais éclairage, le mauvais angle, sans maquillage. Et là, elles arrivent en me disant : « Docteur, ça s’est passé du jour au lendemain ! » Mais en réalité, il s’agit d’un processus lent.

Comment avoir une idée du résultat du lifting ?

P.T : Je leur propose le test du miroir. Il faut prendre un miroir et se regarder assis ou debout, puis s’allonger sur un lit à 180° et placer le miroir, au-dessus de son visage. Ce que l’on voit allongé donne une idée assez proche du résultat du lifting.
En comparant la position debout et la position allongée, cela permet de se faire une idée et de savoir si l’on ressent ou non le besoin d’un lifting.

Un lifting dure combien d’années ?

Dr. Patrick Trevidic : Un lifting dure environ 12 ans. Mais il a deux actions : une action de prévention et une action de traitement. Si l’on prend une femme qui a fait un lifting et sa sœur jumelle et qu’on les suit pendant 12 ans, il y aura toujours une différence entre les deux. La sœur jumelle aura toujours l’air plus âgée que sa sœur opérée.
Même si l’effet du lifting évolue avec le temps, il existe donc un véritable effet préventif.

 

Est-ce qu’aujourd’hui un lifting c’est douloureux ?

P.T : La douleur est d’environ 2 à 3 sur une échelle de 10. Pourquoi ? Parce que ce qui fait mal, ce n’est pas tellement le fait de remonter les tissus, mais de tirer contre quelque chose qui tire lui-même dans le sens opposé. Il faut donc libérer les tissus sans tirer trop fort.

La deuxième chose qui fait mal, dans toutes les chirurgies, ce sont les hématomes postopératoires. Je suis un « furieux de l’anti-hématome » et j’ai développé beaucoup de techniques, pendant et après l’intervention, pour les éviter.

J’utilise notamment un nouvel anesthésique local, connu depuis six ou sept ans, qui a une très longue durée d’action, de six à neuf heures, et que j’injecte dans le visage avant de commencer. Cela permet à mon anesthésiste de réduire la quantité de produits utilisés puisque la patiente n’a pas mal.
Résultat : la patiente ne se réveille pas avec la tête « dans le gaz » pendant 15 jours et peut sortir deux heures après mon lifting.
Autre avantage : comme les femmes n’ont pas de douleurs, mon anesthésiste n’utilise pas ou peu de morphine. Or, avec la morphine, on peut vomir au réveil et, lorsque l’on vomit, on fait monter la tension, ce qui peut favoriser l’apparition d’hématomes.
Enfin, au réveil, les patientes n’ont pas de douleur. Et lorsque la douleur est égale à zéro, la tension ne monte pas, ce qui limite également le risque d’hématome et permet d’avoir moins mal.

Et après l’intervention ?

P.T : Vous gardez un pansement que je retire au bout de 48 heures. Puis shampoing tous les jours pour bien nettoyer toutes les sutures et drainage lymphatique. Au bout de 6 jours, j’enlève les 2 seuls points qui sont visibles, devant et derrière l’oreille. Les hématomes et les œdèmes durent généralement huit à dix jours. Ensuite, les patientes peuvent reprendre le sport et s’exposer au soleil au bout de dix jours, alors qu’auparavant il fallait attendre environ un mois.

Quel est le prix d’un lifting ?

Dr. Patrick Trevidic : Le prix varie beaucoup, et dépend du geste principal et des gestes associés (paupières, lipofilling…). En France, il est obligatoire d’établir un devis précis à l’issue de la consultation.

 

Arielle Granat

 

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