Le journal de confinement de Michèle, on adore !

On a découvert le journal de confinement de Michèle Chabelski. Une femme qui se définit comme une boomeuse dans le vent qui fait le grand écart entre trottinette et amour de la belle langue et de la juste pensée. Un régal d’humour et de justesse qu’on adore lire en ce moment. 

 Aujourd’hui Michèle nous parle de teinture de cheveux et de la subtilité des nuances du châtains. Un sujet qui nous parle forcément.

 salon de coiffure

 

Il y a des confinements plus durs que d’autres

Chez les Griveaux par exemple, ça doit être un peu moins cool que chez d’autres. Mais ça, on n’y peut rien..

Moi j’ai eu un entraînement préalable il y a longtemps grâce à ma bien aimée maman. Lorsque je la harcelais ou l’interrogeais sur certaines de ses motivations qui me paraissaient un rien ésotériques, elle offrait une réponse relativement rituelle que je m’en vais vous décrire ici.
Il s’agissait d’une torgnole bien appliquée accompagnée de cette phrase en yiddish :
Red zi di vand
Qui signifie en traduction simultanée: parle au mur.

Elle usait parfois d’une expression un rien plus faubourienne que n’aurait pas rejetée Arletty, bien française, celle là:
Parle à mon c.., ma tête est malade.

Tout cet arsenal éducatif m’a donc habituée- conditionnée, devrais je dire, à ne pas espérer de réponse à mes élucubrations verbales, ce qui est aujourd’hui un soutien on ne peut plus précieux, quand on a entamé un long dialogue avec les murs de l’appartement.

Alors bien sûr ce confinement nous posera dans quelques jours un sérieux problème, à nous les femmes, je veux parler de nos racines.

Non.
Pas nos racines ethniques, dont tout le monde se fout, car Corona frappe sans préjugé de race ou de religion.
Non, je veux parler de ces horribles racines capillaires qui signe la jeunesse enfuie sur nos crânes devenus chenus.

Et là..
Une seule solution : se peinturer seule le témoignage honteux de cette anarchie de la mélanogenèse de nos tifs.

Et hier j’eus donc une conversation avec une amie qui n’offrit aucune réponse à ma perplexité: châtain ou châtain foncé ?
L’entretien dura longtemps.
Mais resta sans réponse.

L’artiste capillaire attitré se livrait d’ordinaire à de savants mélanges dans son laboratoire secret, mais dans les rayons du Monoprix, c’est un sec châtain, châtain clair, châtain foncé que les gondoles proposent à nos neurones torturés.

Ben mélange, conclut-elle, excédée par mes atermoiements..

Mélange, mélange..
Mais dans quelles proportions?

Car l’idée, voyez vous, est de tromper l’interlocuteur en lui faisant croire que notre chevelure est d’exactement la même couleur que celle qui provoqua l’attendrissement de nos mères quand nous émergeâmes poisseuses de leur ventre malmené.

Ce qui dans mon cas serait un exploit,  vu que je n’arrachai aucun cri d’admiration à personne, eu égard au crâne lisse que le bon dieu dans sa fébrilité d’après guerre avait omis de couvrir.

Bon. Quelques conseils à mes amies désœuvrées.

Ne vous inquiétez pas si vous utilisez depuis longtemps les services d’une soubrette appointée.
Vous pourrez néanmoins passer vous même l’aspirateur, car comme le vélo, le réflexe aspi ne s’oublie jamais.

N’hésitez pas à laver et relaver ce qui vous tombe sous la main ; ça vous fera autant de pièces à repasser qui avaleront votre journée.

Gagnez un peu d’argent en proposant tout ce qui est inutile sur Le bon coin.

Le premier objet étant bien évidemment votre agenda ( si vous en utilisez encore un papier).

Dans l’état actuel des choses, votre mémoire suffira pour enregistrer votre emploi du temps quotidien.

Vendez aussi mascara et rouge à lèvres, et offrez à votre compagnon dans ces temps difficiles ce dont la nature vous a nantie: votre beauté intérieure.

Ca évite de perdre de précieuses minutes à se démaquiller le soir.
En même temps, le temps, c’est pas trop ce qui manque en ce moment.

Profitez de cette journée pour méditer sur la beauté du monde, et sur le prix des asperges.

Pensez à la lagune vénitienne qui a retrouvé sa vraie couleur et lavez vous les mains.

Pour le moment les chercheurs cherchent, c’est leur boulot.
On parlera des trouveurs plus tard.

Rendez-vous ce soir à 20 h.

 

Retrouvez Michele Chabelski sur sa page facebook

 

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