Je m'appelle Asher LEv, théâtre des Béliers

Je m’appelle Asher Lev, une magnifique adaptation du roman culte de Chaïm Potok

par Arielle Granat

Je m’appelle Asher Lev est l’un des plus beaux romans qui soit sur les thèmes de l’émancipation et de l’identité. L’écrivain américain, Chaïm Potok, dont le best seller fut publié en 1972, y conte l’histoire d’un jeune garçon juif ultra-orthodoxe de Brooklyn dans les années 50, doué d’un talent rare pour le dessin.

Asher Lev se confrontera à ses parents et à sa communauté avant de devenir l’un des peintres majeurs de son siècle, tout en conservant ses traditions et sa foi, qui interdit toute représentation par l’image.

Le roman, adapté avec succès en 2009 par Aaron Posner sur les scènes américaines, est présenté au Théâtre des Béliers après un passage à Avignon en 2022. Superbement mise en scène par Hannah Jazz-Mertens, cette version française bénéficie d’une distribution parfaite, portée par trois comédiens remarquables.

Une magnifique adaptation du roman de Chaïm Potok

Dans le rôle-titre, Martin Karmann en alternance avec Benoit Chauvin , incarnent Asher Lev de sa petite enfance au passage adulte avec une extraordinaire sensibilité. Face à lui, Stéphanie Caillol impressionne dans le rôle de sa mère à la fois aimante et déchirée, tout en se glissant avec aisance dans celui d’une galeriste hype et d’un modèle tout en pudeur. Une mention spéciale enfin pour Guillaume Bouchède, époustouflant dans un quadruple rôle. Entre celui du rude père d’Asher, de son oncle aimant et visionnaire, du rabbin emblématique de cette communauté et de Jacob Kahn, le peintre qui le prend sous son aile, le comédien fait des étincelles !

Je m’appelle Asher Lev, magnifque adaptation du roman de Chaim Potok

Si la pièce recèle de moments bouleversants, elle est aussi d’une drôlerie intense et d’une brûlante actualité, à l’image de la scène où le père d’Asher demande à son fils de lui expliquer la nuance entre des peintures de « femmes dénudées », offensantes selon sa religion, et les « nus » que peint son fils. Ce dernier tente vainement de lui expliquer qu’ils constituent l’une des bases des fondements de la tradition artistique, à l’image des fondements de la tradition du judaïsme, qu’il respecte tout comme son père. Un dialogue de sourd, qui depuis la parution du roman n’a pas pris une ride, et reste hélas universel.

En quittant le théâtre des Béliers, le spectateur n’a qu’une envie, se (re)plonger dans le magnifique roman de Chaïm Potok.

 

Je m’appelle Asher Lev
Théâtre des Béliers parisiens
14 bis rue Sainte Isaure 75018 Paris
01 42 62 35 00
Jusqu’au 31 mars, du mardi au samedi à 19h00
Matinée le dimanche à 17h00.

 

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Photos @Alejandro Guerrero

 

A.GRANAT

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