Le traitement des cancers du sein

Vous aurez relevé que le titre n’est pas « les traitements du cancer du sein » mais « le traitement des cancers du sein » car, comme je vous l’écrivais dans l’article précédent, chaque cancer a ses particularités et chaque femme est unique. Le choix du traitement dépend de tous les éléments du pronostic et sera discuté au cours d’une RCP ou Réunion de Concertation Pluridisciplinaire qui réunit des chirurgiens, des radiologues, des radiothérapeutes et des oncologues. A partir des protocoles nationaux de prise en charge des cancers du sein, ces médecins proposent alors le traitement le plus adapté et efficace pour la patiente.

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La chirurgie

Le plus souvent, c’est la première étape du traitement. Elle se limite habituellement à enlever la partie malade du sein par une tumorectomie. Il peut arriver qu’on enlève tout le sein, on parle alors de mastectomie. Celle-ci sera nécessaire pour des cancers situés à plusieurs endroits du sein ou pour une masse assez volumineuse, dans un petit sein : dans ce cas, il sera plus esthétique d’enlever tout le sein, quitte à le reconstruire après, que de n’en laisser qu’une petite partie.

 Ce n’est donc pas parce qu’on a enlevé tout le sein que le cancer est plus grave, contrairement à ce qu’imaginent beaucoup de femmes.

Au moment de l’intervention, le chirurgien repère, en injectant un produit radioactif, le premier ganglion de la chaîne qui draine le sein, on l’appelle le ganglion-sentinelle. Si celui-ci n’est pas atteint, on s’en tient là. S’il est atteint, on complète par un curage ganglionnaire, qui emporte une quinzaine de ganglions.
Lorsque la tumeur de départ est très volumineuse ou de croissance rapide, la chirurgie viendra après une chimiothérapie dite néoadjuvante.

La radiothérapie

Elle est obligatoire après une chirurgie conservatrice (tumorectomie) mais on peut parfois s’en passer en cas de chirurgie radicale (mastectomie). Ce sont de 25 à 33 séances courtes, de quelques minutes, 5 jours sur 7, bien supportées grâce aux nouvelles technologies qui épargnent la peau.

La chimiothérapie

En général, on administre 6 cures à raison d’une toutes les 3 semaines. Les nausées sont bien jugulées par les médicaments actuels, la fatigue est constante et la chute de cheveux inévitable. En prévention – ou au moins pour limiter les effets capillaires – certains centres proposent des casques réfrigérants. Il est vrai que c’est une période difficile. Il est conseillé d’adapter son mode de vie pendant la semaine de la chimiothérapie et de bien récupérer pendant les deux semaines suivantes.


Il faut se reposer, bien sûr, mais l’activité physique est votre meilleure alliée pour passer ce cap

De nombreuses associations proposent une activité sportive particulièrement adaptée aux femmes opérées du sein, comme l’escrime ou le canoë-kayak.

L’hormonothérapie

Elle est prescrite quand les récepteurs hormonaux sont positifs. Si vous êtes ménopausée, ce seront les anti-aromatases, très puissants anti-œstrogènes, extrêmement efficaces mais avec des effets secondaires non négligeables (bouffées de chaleur, douleurs articulaires, sécheresse vaginale). En attendant la ménopause, on vous prescrira une autre anti-hormone, le Tamoxifène, mieux supporté, un peu moins puissant. Pour supporter tout cela, il n’est pas inutile de se tourner vers ce que l’on appelle les soins de support.

Les soins de support

Deux tiers des français atteints de cancer font appel aux médecines complémentaires1 en association bien évidemment avec les traitements conventionnels. Le recours aux médecines complémentaires (phytothérapie, acupuncture, homéopathie) est un soutien important. L’homéopathie est la première médecine complémentaire vers laquelle se tournent les patients atteints de cancer et de plus en plus de centre accueillent un médecin homéopathe dans leurs murs. Ayant le bonheur de partager ma vie avec le pionnier français des soins de supports homéopathiques en cancérologie, voici l’ouvrage qui fait référence : « Cancer et Homéopathie. Rester en forme et mieux supporter les traitements » du Dr. Jean-Lionel Bagot.

L’activité sportive a aussi démontré son efficacité pour la bonne tolérance des traitements et augmente réellement les chances de guérison.
Enfin, un investissement personnel culturel, artistique ou spirituel permet de vivre mieux cette épreuve. C’est vrai qu’il y a une vie avant et une vie après un cancer du sein. Le corps a souffert, la féminité a été ébranlée, mais nombre de femmes ont ensuite rebondi et trouvé une autre saveur à la vie.

Et après ?

Reconstruire … Son sein ? Son travail ? Son cercle d’amis ? Sa vie de couple ?
On en parle ensemble dans le prochain article !

1 Rodrigues M. Utilisation des médecines alternatives et complémentaires par les patients en cancérologie : résultats de l’étude MAC-AERO EUROCANCER 2010, JLE Paris 2010

 Lire aussi les derniers articles d’Odile Bagot consacrés au cancer du sein :

– Les cancers du sein, comment s’y retrouver ? 
– Octobre rose : plus de tabou autour du cancer du sein

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