Les seniors au travail, l’exception française.

Quand les entreprises discriminent en fonction de l’âge. En France contrairement à beaucoup d’autres pays européens, l’âge est le premier critère de discrimination à l’embauche et les seniors sont évidemment les plus touchés.

Travail des séniors

D’après une étude de l’INSEE datant de juillet 2017, si seulement 6,9 % des 50-69 ans sont au chômage, ils ne sont que 12,9 % à retrouver un emploi dans les 3 mois suivant la perte de leur emploi. Un chiffre qui confirme malheureusement que les plus de 50 ans, sont les principales victimes du chômage de longue durée.

A l’instar des seniors, les jeunes en début de carrière sont également très touchés par le chômage, mais dans une moindre proportion, car toujours selon l’INSEE, si 24,6 % des actifs de moins de 25 ans sont sans emploi, ils sont 25,8% à en retrouver un le trimestre suivant. Certainement parce que les jeunes sont prêts à faire des « sacrifices » pour trouver un job.

L’âge le motif de discrimination le plus redouté des salariés

Une situation paradoxale, puisque les salariés en fin de carrière possèdent de vrais atouts à faire valoir, notamment l’expérience, l’expertise, l’autonomie, la capacité de recul et d’analyse et la prise de risque. Le sous-emploi des seniors (et des moins de 25 ans) représente donc pour les entreprises un gaspillage de talent et d’énergie. Une récente étude montre d’ailleurs que les seniors sont les plus ouverts à l’introduction de nouveaux processus de travail dans leur entreprise. Dans la tranche d’âge des 55-64 ans, 56% d’entre eux se déclarent peu ou pas anxieux du tout à cette perspective, tandis qu’ils représentent 36% pour les 25-34 ans et 37% pour es 35-44 ans.

Les seniors au travail : l’exception française

A contrario de leurs collègues européens, les quinquagénaires français ne s’épanouissent pas au travail. Un sondage Edenred Ipsos, réalisé en 2015, révèlent qu’ils ne sont que 39% à se déclarer souvent heureux au bureau. Une majorité de ces salariés n’est donc pas satisfait de son sort. Parmi les principaux griefs qu’ils citent à l’encontre de leur entreprise, trois se dégagent tout particulièrement :

  • Le manque de considération de leur hiérarchie. 46% seulement s’estiment reconnus à leur juste valeur par leurs supérieurs.
  • Le peu de formation continue. 60% jugent que leur employeur n’en fait pas assez pour renouveler ou consolider leurs compétences.
  • Un horizon bouché et des talents boudés. 79% affirment ne pas être satisfaits des opportunités d’évolution de carrière à leur disposition).

Des solutions pour le travail des séniors

Selon Etienne Hubert de l’entreprise Wrike*, les entreprises pourraient pourtant changer ce état de fait avec des mesures pouvant rapidement être mises en place comme :

  • Modifier les descriptions de poste pour les emplois à pourvoir en supprimant les références à un âge ou une expérience précise. Éviter des termes comme digital native, adaptibilité, ou énérgique qui tendent à favoriser une classe d’âge plus jeune.
  •  Favoriser la diversité des profils : avec la mise en place de politiques internes visant à respecter des équilibres au sein des équipes, entre hommes et femmes et classes d’âge. Une diversité essentielle à l’entreprise pour favoriser la créativité et l’ouverture d’esprit
  • Sensibiliser le personnel sur la discrimination fondée sur l’âge avec la mise en place de programmes en direction des cadres.
  • Adapter les politiques de formation. Au delà de celles obligatoires, prévoir des programmes de mise à niveau périodique pour l’utilisation des nouveaux produits.
  • Etablir de nouveaux plans de carrière pour les seniors avec de nouvelles perspective pour les employés de plus de 50 ans dont la carrière se trouve dans une impasse, afin qu’ils puissent progresser et évoluer professionnellement.

On espère que les entreprises françaises modifieront vite leur vision des seniors au travail, même si l’on craint qu’il faille encore quelques années avant que les mentalités changent.  

*Wrike est une entreprise californienne qui propose des outils sur Internet pour la gestion de projet et la collaboration au travail.

 

Lire aussi : un long fleuve tranquille la retraite ? Pas sûr

 

1 Commentaire

  • Bonsoir,
    Cet article me parle… comme beaucoup d’autres silver sans doute…
    Un paradoxe de plus, quand on pense qu’il faut bosser jusqu’à plus de 62 ans… Nous on veut bien! Mais pas la Société actuelle… Le temps que les mentalités changent vraiment, comment faut-il faire? Accepter tout et n’importe quoi? Etre payé au Smic alors qu’on a une solide expérience et une multitude de compétences derrière nous? Entreprendre avec tous les risques associés?
    Heureusement, tout n’est pas noir, et quelques mains se tendent… (Pour le moment, c’est hélas une minorité…)
    A suivre…
    Isabelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *