Les Gets, sommets et farniente

Les-Gets-Les-Boomeuses

Loin du réflexe conditionné : montagne = ski, j’ai opté pour une formule : montagne= farniente aux Gets. On fait le test ?  Allons-y

Gare de Lyon à Paris, me voici devant le TGV Lyria direction Genève. Un peu plus de trois heures, c’est parfaitement jouable le temps d’un week-end ou d’un week-end prolongé. Fauteuil confortable, petit café et miniature de chocolat sur ma tablette juste à côté de ma liseuse sur laquelle j’ai téléchargé avant le départ « Guerre et Paix » de Tolstoï que je n’avais jamais lu en entier je l’avoue. Après tout je vais vers la neige, ce sera en harmonie. J’ai opté pour une station en Haute-Savoie: les Gets. Mon week-end, je l’avais voulu sans programme aucun mais dans un village encore authentique sans barres de béton, sans déferlement de mondains braillards paradant dans les tenues les plus voyantes et les plus coûteuses, et ambiance cocooning.

Quoi ? C’est pitié avec toute cette neige de ne pas vouloir aller skier ou se balader à raquettes ou patiner ?  Peut-être mais où est-il écrit qu’il faut absolument avoir l’esprit sport pour mériter la montagne ?

En trois heures de trajet au fil des pages, je commence à peine à me familiariser avec les princes Kouraguine ou Bolkonsky, le comte Bésoukhov ou Anna Pavlovna Scherer, un peu mieux avec Napoléon quand même… mais autant dire qu’à la descente j’ai l’impression de les avoir rejoints dans l’histoire : il y a de la neige absolument partout et elle continue de tomber à gros flocons.

Je n’ai choisi au départ que la station et le confort de l’hôtel. Le reste sera l’inverse de mon quotidien : pas d’horaire, pas d’obligation de sortir, aucune obligation du reste. Juste me conformer aux envies du moment!

L’hôtel choisi a un nom prédestiné : la MarmotteD’entrée je sens que je vais m’y plaire. Chic mais pas ostentatoire, d’aspect chaleureux.  Accueil sympathique et attrait indiscutable des hôtels de haute-montagne : la présence d’un Spa. Rien ne me semble plus jouissif que d’être dans un sauna ou un hammam ou des bains bouillonnants, d’en sortir en peignoir éponge bien épais à regarder la neige ou les coulées de glace tombant des toitures à l’extérieur. Sitôt fermée la porte de la chambre la détente s’installe. J’ai toujours cette impression bizarre dans des hôtels de ce type que je suis dans un cocon sécurisé où tout le monde va me parler avec douceur et où je n’ai aucune contrainte. Et si j’ai précisément envie de faire la Marmotte sous cette couette moelleuse, je ne vois pas qui m’en empêcherait.

Comme  en ce tout début d’après-midi je n’ai pas encore enlevé mes grosses chaussures sur lesquelles j’ai fixé mes chaînes à chaussures (si, si ça existe et c’est génial pour ne pas déraper), je vais quand même commencer par visiter une curiosité des Gets : le musée de la musique mécanique et des automates Roger & Gallet  que je joins à pieds. Je ne l’imaginais pas aussi grand. Il contient des trésors et vaudra un article en soi.  Au retour- on se refait pas- je suis tombée « en amour » avec la boutique « Un amour de Noël » et j’ai craqué, histoire de rapporter un souvenir, pour de petites tasses couleur taupe, dont je n’ai évidemment nul besoin mais elles étaient si jolies. Et les deux journées et demi se sont étirées autour de quelques sorties à pieds dans l’air pur, entrecoupées de pauses thé ou  chocolat chaud autour de la cheminée, des séquences de lecture, de sauna, de piscine.  Nuits bercées par un silence que seule la neige peut apporter et journées rythmées par les allées et venues des sportifs aux joues rouges et à la démarche pachydermique diffusant un sillage d’air froid en passant devant les tables.

Vue sur les pistes

Au final, j’ai réussi à ne pas skier, à me faire masser au Spa de l’Hôtel Marmotte, à dormir comme… un loir, à prendre, tard, de divins petits-déjeuners, quand tout le monde est déjà sur les pistes, à goûter au bonheur simple de commander juste une soupe en room service tout en revoyant « Quai des Brumes » sur Arte. Et à ne consulter mes mails qu’une fois par jour : un véritable exploit. Quant à « Guerre et Paix » ? Même pas à la moitié du Tome 1 mais bon… 800 pages quand même. J’ai l’impression d’être partie bien plus longtemps qu’un week-end.

Parmi  d’autres lieux à fréquenter :

La boutique de La Fruitière où les fromages sont affinés par le célèbre Mitti un fromager japonais.

Le Crychar et le Bacchus (bar à vin, bar, salon de thé avec un salon-Spa).

 

Evelyne Dreyfus 

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