Les cancers du sein
comment s’y retrouver ?

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Un matin on se réveille, ou le soir sous la douche, tout-à-coup, « cette boule, là, dans mon sein, elle n’y était pas hier ! » Panique à bord, et ça se comprend bien, parce qu’on pense forcément au pire, le cancer !

Après 50 ans, les seins sont plus souples et l’apparition d’une masse est souvent suspecte. Cependant, si vous aviez des seins dit « dystrophiques », denses, sensibles, avec plein de reliefs en tout genre à l’intérieur, il peut également s’agir d’un kyste sous tension ou d’une zone congestive liée au cycle, si vous n’êtes pas ménopausée. La distinction n’est pas toujours facile au palper, même si une tumeur maligne présente des caractéristiques spécifiques : il s’agit d’une boule dure comme la pierre, peu mobile et indolore. Parfois une fossette apparaît à la surface du sein ou un écoulement sourd du mamelon.

Grâce au dépistage systématique par la mammographie, on arrive de temps en temps à poser le diagnostic de cancer du sein à un stade très précoce, avant même qu’on puisse le palper.

En tout cas, vous avez bien fait de palper vos seins !

 En effet, l’auto-palpation est un excellent moyen de dépistage du cancer du sein.

Une fois que vous vous êtes « mis dans les doigts » la palpation de votre sein normal, vous sentirez si quelque chose de nouveau apparaît. Mais encore faut-il le palper comme il faut, ce néné ! Pour ce faire, on en fait le tour avec la main bien à plat sur le sein pour le plaquer contre le gril costal. On y va mollo, et ça ne sert à rien de le pincer entre les doigts. Un petit truc : sous la douche, avec le savon, la main glisse facilement sur le sein, bien à plat.

Toute masse ou image un tant soit peu suspecte doit faire l’objet d’une biopsie. La cytoponction (ne ramène que quelques cellules) est de moins en moins pratiquée au profit de la microbiopsie. Après anesthésie locale, on prélève une « carotte » de tissu qui non seulement permet une analyse histologique (de toutes les couches du tissu) qui confirme le diagnostic, mais donne également une grande partie du pronostic, par l’analyse des récepteurs hormonaux et des marqueurs immunohistochimiques (grade, récepteur HER, Ki 67). Je donne sciemment les termes médicaux, car c’est la clef pour décrypter les résultats. Décodage dans quelques lignes !

Le pronostic du cancer dépendra à la fois de facteurs cliniques et des donnée biologiques

Du point de vue clinique :

• L’âge : si la femme est déjà ménopausée, c’est mieux.
• La taille de l’image à la mammographie : plus c’est petit, meilleur est le pronostic.

Du point de vue biologique :

• Le grade de la tumeur : exprimé en grade I, II ou III, c’est le reflet de la vitesse à laquelle se développe la tumeur. Plus le grade est faible, moins la tumeur est agressive, mais plus il est élevé, plus la chimiothérapie sera efficace.
• Le Ki 67 : il est le témoin de la multiplication cellulaire, comme le grade.
• Les récepteurs hormonaux aux oestrogènes et à la progestérone : plus ils sont positifs (+, ++, +++) moins la tumeur est « méchante » et en plus, on sait qu’on pourra proposer une hormonothérapie. Il s’agit de médicaments au pouvoir fortement anti-oestrogènique, ce qui augmente les chances de guérison.
• Les récepteurs à l’Herceptin*, HER 2, également de bon pronostic, comme pour les récepteurs hormonaux. Lorsque la tumeur porte ces récepteurs, la femme bénéficiera d’un traitement spécifique par une molécule qui diminue les risques de récidive ou de métastase.

Vous comprenez mieux maintenant qu’il n’y a pas une maladie qui s’appellerait le cancer du sein, mais des cancers du sein, de gravité extrêmement variable. Chaque femme doit donc bénéficier d’un traitement et d’un suivi qui lui sont propres. C’est l’objet de la prochaine chronique.

 

 Les 2 prochains articles d’Odile Bagot seront consacrés au cancer du sein :

– Quels traitements pour les cancers du sein ?
– Cancers du sein, reconstruire le sein, reconstruire la vie.

 

Photo © Empreinte

 

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