La Galice, celtique et romantique

Celtique, romantique, mystérieuse, la Galice est une région forte où sont nées des femmes de caractère qui ont marqué l’histoire de l’Espagne.

Ici en Galice, une femme, inconnue certes, éclaire le monde.

Gardienne de phare

Elle s’appelle Cristina, elle est la gardienne du phare de Cap Vilan près de Camarinas sur la « Costa da Morte » ; une des zones les plus sauvages et dangereuses du littoral galicien.
« Fisterra » en langue galicienne… le Finistère, la fin de la terre. Depuis la nuit des temps on considère que c’est ici que finit le monde.
C’est là où Cristina veille depuis plus de vingt ans sur la vie des marins et des bateaux qui croisent au large de cette péninsule rocheuse battue par les vents et les tempêtes. Souvenons-nous le naufrage du «  Prestige  » en 2002.
Elle nous fait franchir un long tunnel qui nous met à l’abri des rafales de vent et nous mène à la lampe « magique ». Ce phare fut le premier phare d’Espagne électrifié en 1890. Cristina vit ici seule. Elle gère le fonctionnement des 17 phares automatiques qui balisent la côte. Son grand père était gardien de phare, le père de son mari aussi. En 1973 la profession fut ouverte aux femmes, elles furent quatre à se présenter dont Cristina.

Cristina la gardienne du phare

La Galice, une terre celte

Nous sommes ici en terre celte. Tout comme en Bretagne, rias et caps, plages et petits ports se succèdent entre falaises et rochers. Des paysages qui rappellent l’Irlande. Cristina dans ses longs moments de veille brode de la dentelle. Elle se réjouit des échanges avec les dentellières de Toulouse pour que perdure la tradition. « Au bout du bout », un autre phare. Il a perdu sa lumière dans le lointain pour la lumière plus modeste et chaleureuse du « gîte et du couvert ».
Le phare « Hôtel O Semaforo » nous permet une halte gastronomique pour déguster les fruits de la mer qui nous entoure. Une spécialité incontournable en Galice. Le site est magnifique. Le vertige nous prend en regardant  les à-pics rocheux qui plongent dans l’océan. Le Cap Fisterra exerce une attraction particulière pour les pèlerins de St Jacques de Compostelle. Leur voyage ne s’arrête pas à la ville sainte, mais ici… où l’on brûle  vêtements et chaussures de voyage. On change d’habits et  «d’ âme »… on renaît au bout du monde.

Le phare transformé en hôtel au bout du Cap Fisterra

Le long de la côte

En longeant la côte, un petit bain sur la plage de Carnota et visite du grenier «horreo ». C’est le plus long grenier en pierre de Galice. Les familles entretiennent avec amour ces greniers. Leur grandeur était un signe extérieur de richesse. Cette région conserve des lieux celtiques et transmet toujours ses croyances traditionnelles. Les « pedras de abalar » ou  pierres oscillantes sont des endroits sacrés, utilisés dans divers rituels. Les histoires de sorcières, gentilles ou guérisseuses, sont parfois inspirées de faits réels comme la triste histoire de Maria Solina, qui pleurait sur la plage la disparition de son mari et de son frère, morts au combat contre les Turcs au XVI ème siècle. Devenue riche, elle suscita la convoitise des bourgeois et de l’inquisition. Elle mourra après avoir été torturée et accusée de sorcellerie.

Un phare de Capo Home

 Sur la trace des pèlerins

On ne saurait visiter la Galice sans s’arrêter à St Jacques de Compostelle. Si le chemin est parcouru depuis le IX ème siècle par les chrétiens faisant étape dans les monastères, c’est également devenu une randonnée pédestre célèbre, deux cent vingt mille pèlerins l’année dernière. Pour recevoir la « compostela  », remise dans la cathédrale, il vous faudra prouver avoir parcouru au moins 100 kms à pied, validés sur votre carnet de pèlerin. La cathédrale de St Jacques de Compostelle est l’étape ultime avec le « Fisterra » bien sûr.

Chaussure en bronze symbole des marcheurs

 La Corogne

Regagnons maintenant La Corogne, capitale provinciale, ancien port de commerce et de pêche. C’est un ensemble roman de rues, de places et d’églises médiévales pour la partie ancienne. La partie moderne offre un aspect architectural curieux, dû aux façades vitrées qui couvrent l’ensemble des maisons. Cette ancienne implantation celte prend de l’importance à l’époque romaine. En témoigne la «  Tour d’Hercule  », seul phare romain encore en service, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle fut construite au II ème siècle sous le mandat de l’empereur Trajan. Les vestiges sont visibles avant d’attaquer la montée des 280 marches de la tour remaniée par l’architecte Giannini.Un air de cornemuse nous ramène vers le centre de la ville, tradition celtique oblige. L’Hôtel de ville se situe sur la très grande place du nom de «  Marie Pita  » la «  Jeanne d’Arc  » de la Galice. En 1589, le corsaire anglais Francis Drake fut défait grâce à la résistance des habitants ayant à leur tête l’héroïne Marie Pita. Elle symbolise depuis les idées féministes et la lutte pour une plus grande liberté des femmes en Espagne.

La Corogne avec ses façades particulières

Les femmes de Galice, des femmes de caractère

«  Marie Châtaigne » mena la révolte en 1386 contre le pouvoir ecclésiastique dans la ville de Lugo. De son vrai nom Mary Brown, il reste en Galice une expression, «  au temps de Maricastana » quand on se réfère au passé. Un centre culturel porte son nom ainsi qu’un vin réputé. Concepcion Arenal (1820-1893), auteur dramatique, journaliste, poète, est la première femme à étudier dans une université espagnole. Elle se déguise en homme pour assister aux cours. Elle lutte contre l’ignorance, veut l’enseignement gratuit et obligatoire pour les femmes et les hommes. Elle démontre que l’infériorité présumée des femmes est absurde. Elle se bat pour l’humanisation des prisons. Elle écrit des romans, des pièces de théâtre, des opérettes. Une femme de combat. A la même époque naît  une des plus illustres femmes de lettres espagnole Emilia Pardo Bazan (1852-1921).

Emilia-Pardo-Bazan,-une-femme-de-combat

Elle écrit plus de quarante livres et des centaines d’essais. Elle est nommée professeur de lettres romanes à Madrid, malgré l’opposition du corps enseignant résolument anti-féministe. Dans un passé plus proche, souvenons nous de Maria Casares, née à La Corogne en 1922 et morte en Charente en 1996. Le festival d’Avignon consacre sa notoriété de comédienne, le 7 ème art avec « les Enfants du paradis ». Cristina, la première femme gardienne de phare en Espagne se situe bien dans cette lignée de  femmes de caractère de Galice. Elle veille sur nous comme ces phares de Capo Home à Cangas, à l’entée de la ria de Vigo, sentinelles vigilantes de cette côte atlantique qu’il faut découvrir.

Leur trait de lumière dans la nuit nous transmet l’âme des femmes de Galice.

Cela vaut la peine de s’attarder sur cette terre celtique, si proche de nous par ses traditions.
Une sorte de Bretagne espagnole … au soleil.

Texte et photos Jacques Douay

Infos pratiques

La Galice propose une gamme d’hôtels de tous niveaux, de gîtes et de chambre d’hôtes et pratique un tourisme rurale. La gastronomie est un des points forts de la Galice avec les fruits de mer poulpe « a feira », la tarta de Santiago ou l’épaule de porc. Il y a plus de 300 fêtes gastronomiques en Galice avec des produits du terroir. Les vins peu connus réservent quelques bonnes surprises.

Pour voyager en Galice
Office Espagnol du Tourisme, 22, rue Saint Augustin, 75002 Paris.
Tel  : + 33145038254

Y aller
Parmi les différentes compagnies aériennes à destination de la Galice, Air France propose des vols directs vers Vigo (1 vol quotidien de 2 heures opéré par HOP). Prix en aller simple à partir de 129€ TTC (à acheter au moins 40 jours avant le départ).

Sur place
Turismo de Galicia, Tel +34981542551

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