Impressions cubaines, suite

Impressions cubaines, suite de notre balade

Entre rêve et réalité…. quittons la capitale pour découvrir l’Ouest de Cuba….

Manuel, notre chauffeur, nous entraîne vers sa compagne, « Madame Chevrolet », âgée de 45 ans, robe carrosserie bleu ciel, intérieur cuir. Manuel conduit, mais c’est « Madame Chevrolet » qui commande. Nous partons pour le pays du « zinzincito » (colibri), le plus petit oiseau du monde, pour rejoindre Las Terrazas dans la Sierra del Rosario. Classée « Réserve de la Biosphère », les autorités en ont fait une petite station « écotourisme ». Noyé dans la végétation, l’hôtel Moka a la particularité d’être construit autour d’un arbre  « almacigo »à l’écorce rouge, à qui l’on donne aussi le surnom d ‘« arbol del turista » (rouge de coups de soleil). L’endroit est paisible, idéal pour les amoureux de la nature. Les habitantes du village tout proche tiennent à nous faire visiter le Centre de loisirs, la bibliothèque, le cinéma, les commerces, le Centre de santé. L’organisation du village donne une vision un peu utopique d’un « socialisme » bien appliqué. Plus loin, les ruines d’une plantation de café française nous rappelle la période de l’esclavage, avec les séchoirs à café, le « trapiche » (moulin) et les vestiges des baraques des esclaves. Un petit tour au lac du Rancho Carujey près de Soroa et le fameux jardin botanique, dédié uniquement aux orchidées, avec plus de 700 espèces .

Le jardin des orchidées à Soroa

Nous quittons l’Ouest pour le centre de l’île. « Madame Chevrolet » semble de bonne humeur, direction Remedios. Il est presque midi, la chaleur plombe ce gros bourg qui semble endormi. Soudain, la place Marti, au centre du village, s’anime : musique, pétards, feux d’artifice, nous avons la chance d’assister à la préparation des « Parrandas ». Plusieurs mois de répétitions pour le carnaval de Noël. Profitons du spectacle à la terrasse du bar « El Louvre » en compagnie de fort jolies jeunes femmes en robe du siècle dernier, aux couleurs chatoyantes.

 

La fiesta commence

Manuel, notre guide, après vérification de l’état de « santé » de notre vénérable carrosse, nous propose d’aller au bord de mer au nord, à « Cayo Santa Maria », une longue digue de 30 kilomètres qui relie l’île au Cayo. Un voyage entre ciel et mer, et au bout, hôtels modernes aux standards internationaux, cars de touristes, piscines, belles plages… bon.  Ici, c’est pareil qu’ailleurs ! Notre parcours n’a rien de logique, la balade quoi, direction le sud cette fois, pour rejoindre Cienfuegos. C’est la cinquième ville du pays, entre ville coloniale et port industriel, créée par un français, Jean-Louis Lauent de Clouet, un bordelais. Au « parque José Marti », une rosace marque les limites de la fondation de la colonie française en 1819. L’ensemble des édifices qui entourent cette place a été classée par l’UNESCO, au Patrimoine mondial de l’Humanité. Les rues sont très animées, et en remontant le Prado, notre regard est attiré par une élégante silhouette, une statue figée certes, mais tellement présente dans la tête des cubains, Benny More. ll est considéré comme le plus grand chanteur et compositeur cubain. Il fut surnommé le « Barbaro del ritmo ».

Une rue animée à Cienfuegos

Le moteur de notre vieille et noble Chevrolet toussote un peu en grimpant les collines de la « Sierra del Escambay ». La route est sinueuse, entourée d’une végétation luxuriante, refuge des guerilleros du Che.

La-sierra-del-Escambay-refuge-des-guerrilleros-du-Che--2

Trinidad, la plus belle ville du pays, nous attend. Nous nous arrêtons au passage pour voir la « Torre Iznaga », 43 mètres de haut, construite par un négrier pour surveiller les esclaves au travail dans les champs. Au pied de la « Torre », des marchandes nous proposent des nappes et des chemises brodées, spécialité de Trinidad. À l’entrée de Trinidad, nous laissons notre limousine pour arpenter les ruelles aux pavés inégaux, quel bonheur, notre regard court sur les façades des maisons coloniales vieilles de trois siècles. Sur les pas de porte, la gentillesse est au rendez-vous – hola ! de donde viene ? C’est la fête des mamans aujourd’hui. Chacun porte un cadeau, les gâteaux traversent les rues, portés par les familles qui vont honorer les mamans et les mamies.

Des enfants à Trinidad

On nous invite à entrer dans une vieille demeure, une grand-mère nous fait l’honneur de visiter la maison, puis on feuillette un album photo de son mariage, comme si nous étions de la famille. Tous les souvenirs sont posés sur les meubles d’époque. Une odeur de cochon grillé annonce les agapes de la journée qui commence. Proposition nous est faite de dormir chez l’habitant. Ici le choix est vaste et les « casas coloniales » sont de véritables demeures de XVIII ème siècle. Le confort peut y être modeste, mais dormir dans une page d’histoire… !

Une grand-mère nous ouvre sa demeure

Toujours entre rêve et réalité, direction la ville des églises, Camaguey,  troisième ville de Cuba, classée elle aussi au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous laissons notre vénérable  Chevrolet  qui doit subir quelques contrôles, pour nous mener à bien au bout du voyage. Nous empruntons un « bici-taxi » pour aller à l’église Del Carmen, la seule possédant deux clochers. La place pavée est entourée de maisons anciennes restaurées avec goût, elle semble déjà occupée par des personnages, des statues plus vraies que nature, des statues de personnes célèbres de la ville, figées pour l’éternité face à Dieu dans le pays de la révolution.

Camaguey

Notre voyage s’arrête là. « Madame Chevrolet et Manuel » pensent qu’il est temps de rentrer,  c’est Cuba et les Cubains. Économiquement pauvres, culturellement riches – des villes et villages à l’architecture éblouissante et délabrée en pleine restauration – des acquis à préserver – une évolution à trouver sans perdre leur âme, dans un tourisme débridé sans regard et sans égard pour les Cubains.

 

Texte et photos Jacques Douay

Conseils et informations pratiques 

La rencontre avec les Cubains peut se faire seul, en famille, avec les tours opérateurs. L’approche de l’île peut se faire en avion ou en voilier… tout va dépendre de votre état d’esprit. L’habitat chez l’habitant s’est développé depuis la libéralisation d’une partie du secteur économique, et offre la possibilité de vivre au plus près des Cubains et cela à travers tout le pays.
Location de voitures possible sur place. On peut réserver avant le départ dans les agences spécialisées sur Cuba.
Monnaies en usage, deux monnaies en circulation : le peso cubant et le péso cubant convertible (CUC) qui est indexé sur le dollar US utilisé pour les touristes. C’est donc la monnaie que vous utiliserez.

Conseils avant de partir

Pour voyager à Cuba :  Passeport valide et carte de tourisme (payante) disponible au  Consulat ou agences de voyages, validité 30 jours .
Office de tourisme de Cuba, 280 Boulevard de Raspail 75014 Paris, tel : 01 45 38 90 10.  Consulat Général de Cuba, 14-16 rue de Presles 7501 Paris tel : 01 45 67 55 35
Y aller Air France, Cubana De Aviacion, Iberia, Air Europa.
Je vous recommande  le Guide du Routard Cuba pour vous faciliter le voyage sur place. Relire les grands écrivains Graham Green (Notre agent à la Havane), Hemingway,(Le vieil homme et la mer), les grands de la littérature cubaine Aljero Carpentier, José Marti, Nicolas Guille.  Et bien sur lire l’histoire tragique et romantique de cette l’île des « passions ».

 

Lire aussi l’article Impressions de la Havane

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *