Aux Maldives avec Soledad Bravi

Mais pourquoi on n’est pas aux Maldives avec Elle se demande notre chroniqueuse Cathie Fidler !

Soledad-Bravi-Les-Boomeuses

La 4ème de couverture du livre de Soledad Bravi nous dit ceci :

« C’est l’histoire d’une trentenaire qui a une sainte horreur des régimes, adore le gâteau au chocolat et la religieuse au café, déteste aller à la piscine, aime le shopping, est accro aux séries TV, boit trop de temps en temps, tente de relancer la mode de la culotte géante, et cherche désespérément un mec. Bref, c’est l’histoire d’une vraie paresseuse… en laquelle toutes les jeunes femmes se reconnaîtront. » 

 Et là, je crie « STOP ! »

C’est quoi cette discrimination littéraire, cette cible annoncée, si limitée ? Un livre ne devait-il toucher qu’une seule tranche d’âge ? Moi, je me reconnais dans (presque) chaque élément de cette description, pas vous ?
Croyez-moi, amies Boomeuses fans de lectures sérieuses, ce livre-ci est pile-poil pour nous aussi.

 

À moins d’être allergique au genre qui raconte une histoire à l’aide de dessins et de dialogues enfermés dans des bulles (que les plus lettrées appelleront des phylactères) comme l’a toujours été ma maman – mais elle avait l’excuse d’avoir grandi en un lieu et à une époque où ce mot évoquait une pratique religieuse dangereuse –, on ne peut qu’adorer le travail de Soledad Bravi.

Son graphisme est superbe. Son trait de crayon lisse et efficace. Sa mise en page, nickel. Son humour … Son humour ?
C’est simple, vous prenez le livre un soir où vous avez le blues parce que votre mec (enfin, celui que vous voudriez bien appeler ainsi) ne vous a pas envoyé le moindre sms de la journée, ou parce que vous avez commis l’erreur fatale de monter sur la balance à 6 heures du soir, après un petit thé accompagné d’une pâtisserie très élégante (je la cite), ou parce qu’au contraire vous n’avez pas pu vous faire servir quoi que ce soit au bistrot si branché de votre quartier, tant il était bondé…

Bref, effondrée et affalée sur votre canapé, vous vous emparez de ce livre dont les pages ne sont même pas numérotées, et là, paf. Toutes vos emmerdes se barrent. Page après page, vous hurlez, vous vous tordez, vous vous gondolez, vous vous pâmez de rire.

Comme moi, vous craquerez en lisant « Ma salle de gym », « Mon sac-qui-pèse-mega-lourd », « Ma culotte géante »… et surtout : « Mon nouveau maillot de bain », notamment si vous en avez suivi les illustrations ici-même.

La seule différence entre la gamine de trente ans qui en est l’héroïne et vous, à ce stade… eh bien, il n’y en a pas. Ou peut-être une, toute petite : C’est juste que vous devrez courir plus vite, ou plus tôt, vers votre salle de bains… Je n’en dirai pas davantage, afin de ne pas choquer les deux bégueules sucrées qui lisent ce web magazine pour la première fois.

 

Un détail important fait toutefois défaut à la 4ème de couverture de ce petit joyau : la mention qu’il s’agit-là un outil thérapeutique de première, car nous savons toutes, à notre âge (sic) que rien ne vaut une méga fourre de rire* pour se sentir revigorée, régénérée… rajeunie, quoi !

Y aura-t-il quelqu’un pour le faire savoir aux éditions Marabout – bout de ficelle-selle de cheval-cheval de courses-course à pied-pied à terre – terre de feu- feu follet – lait de vache – vache de ferme – ferme ta gueule – gueule de bois – boit-sans-soif – soif de…. ?

Vous voyez, ça marche carrément comme cure de jouvence. Je n’en lirai donc pas la suite, s’il en vient une, pour ne pas risquer de me retrouver en couche-culotte. Ça ferait tache, surtout aux Maldives.

*Expression méridionale, sans doute née d’un fou rire.

 

Pourquoi j’suis pas aux Maldives, par Soledad Bravi. Editions Marabulles.

 

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