Séville, la belle élégante

 

Envie de douceur printanière ? Faites comme moi prenez la direction de l’Andalousie et de  Séville la belle élégante.

Cette  cité majestueuse est vieille de deux mille ans. Le fleuve Guadalquivir a joué un rôle primordial dans le développement de cette ville, lui donnant accès à l’océan atlantique. Ce fut aussi un vecteur d’invasions : Phéniciens, Grecs, Wisigoths puis les troupes musulmanes.

Si Cordoue devient la capitale, Séville ne s’en développe pas moins. La grande mosquée est édifiée. Les invasions vikings mettent en péril l’essor de la région. Les autorités émirales font construire des chantiers navals et constituent une flotte afin de résister. Séville est rebelle à l’autorité de Cordoue. Le pouvoir omayades la remet au pas mais son développement continue.

On pose les premières pierres de ce qui deviendra plus tard l’Alcazar. A la chute du Califat, Séville est un lieu intense artistique et littéraire. Sa renommée dépasse largement les rives du Guadalquivir.

L’histoire se mélange un peu dans ma tête, j’ai besoin de voir, de côtoyer les gens, de découvrir ce passé omniprésent dans les rues de la ville. Il est 10 heures, le plan de la cité à la main, je vais essayer de m’imprégner de l’atmosphère. Je ne vais guère très loin. Près de la Plaza de la Victoria une odeur de café me fait pousser la porte d’un bar qui donne sur la place.
Ici se mêlent touristes et sévillans, sur les tables « tostadas à la tomate »…un filet d’huile d’olive parfumée salée  à la fleur de sel… cela vaut toutes les confitures dans une ambiance bon enfant.

Une rue piétonne et commerçante me mène à la « Plaza Nueva ». Je laisse la mairie sur ma gauche pour emprunter « l’Avenida de la Constitucion » et me dirige vers la cathédrale…La plus grande cathédrale gothique du monde en superficie, déclarée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO.

Dans toutes les rues les incontournables éventails


« Construisons un temple si grand que ceux qui le verront, nous prendrons pour des fous » déclara l’architecte Alonso Martinez en 1401. Elle est construite à l’emplacement de l’ancienne mosquée Aljama. Les bâtisseurs réutilisèrent les éléments et colonnes de la mosquée. Le minaret fut transformé en campanile. La Tour Giralda devient le symbole de la ville.

Sur la gauche de l’édifice, la « Porte du Pardon » donne accès à la cour des orangers. En pénétrant dans le monument je suis impressionné par l’ampleur des lieux. Au milieu de la nef centrale se trouve le coeur décoré d’une manière fastueuse à voir le colossal retable gothique. C’est le tableau d’autel le plus grand et le plus riche du monde qui retrace la vie du Christ. C’est aussi ici que repose Christophe Colomb, un tombeau à la mesure du célèbre colonisateur. N’hésitez pas à monter dans l’ancien minaret devenu clocher de la cathédrale. 96 mètres, pas d’escalier, une pente douce vous amène découvrir le panorama sur Séville…cela vaut largement l’effort de l’escalade.

La cathédrale

Mon regard se porte sur l’Alcazar… Je franchis l’imposante muraille. Derrière cette enceinte, des jardins magnifiques. Je suis porté par l’odeur des orangers dont les branches plient sous le poids des fruits….beauté et sérénité…en traversant le patio « del yeso » du palais islamique. Un paon et sa famille ont le privilège de déambuler dans ce jardin d’Eden. C’est ici qu’a eu lieu la réception du mariage de l’infante Eléna. A noter que ces lieux ont servi de décors, en partie, pour les tournages de grands films comme : Kingdom for heaven, Lawrence d’Arabie, Christophe Colomb.

La cour des orangers

Je descends vers le fleuve au pied de la « Torre del Oro » devenue musée maritime. J’en profite pour une promenade sur le Guadalquivir… une heure de navigation et 1500 ans d’histoire. De la « Torre del Oro » aux sites de l’exposition universelle de 1992. Le parc, en partie recyclé en parc scientifique et technologique, abrite quelques entreprises dans les pavillons, d’autres sont malheureusement à l’abandon.

 

Le Guadalquivir

Avant de remonter la « calle Fernando », un petit arrêt pour prendre un café dans un des hôtels le plus luxueux de Séville, le « Palacio Alphonso XIII ». Un des meilleurs petit-déjeuner buffet de la ville, au coeur d’un remarquable jardin intérieur.

L'hôtel Alfonso XIII

Je remonte la « calle Fernando »…Mon coeur bat la chamade… je pense à Carmen la belle gitane qui roule des cigares dans la fabrique royale de tabac, devenue l’Université de Séville. Prosper Mérimée, a imaginé le personnage de Carmen. Une image l’impressionne, la sortie des cigarières de la fabrique qui emploie un personnel quasi féminin. Bizet transforme la nouvelle de Prosper Mérimée en opéra. Carmen devient cette femme libre et l’archétype de la femme andalouse. En ces lieux règne le calme et la quiétude, un plan « vigie pirate » discret mais présent, personne pour vous empêcher de rêver…

La « calle Fernando face à la fabrique de cigares devenue l’Université

J’arrive à la place d’Espagne. C’est pour moi un choc…vraiment…une place en céramique, un hémicycle de deux cents mètres de diamètre, bordé d’un bâtiment unique. Entre ce palais et le centre de la place coulent des canaux. Un moment de détente pour les touristes qui peuvent louer des barques. C’est toute l’histoire de l’Espagne qui se déroule ici. Conçue pour l’Exposition de 1929, cette place est entretenue avec amour par des artisans carreleurs qui réparent les « azulejos » ébréchés parfois par les touristes peu délicats. C’est un endroit unique.

Détails sur les faïences

Le soleil décline, il est temps de me rendre dans le quartier « Santa Cruz ». C’est le coeur de la ville historique avec ses rues et ruelles escarpées ou flotte toujours cette odeur d’orangers. Je me pose en haut d’un escalier, à l’ombre d’un extraordinaire monumentale « Métropole Parasol ». Un parasol alvéolé, de bois et de béton qui abrite la « Plaza Mayor » et un marché. Là aussi on peut monter dans les structures et découvrir la ville. Une étonnante intégration du moderne dans l’ancien qui ne choque pas mais intrigue un peu.

Le quartier Santa cruz

Les maisons prennent la couleur des orangers, le soleil est au couchant…je me mets à rêver… un air de flamenco monte de la vieille ville…c’est l’heure de la promenade pour tous les sévillans

Flamenco

Je m’assois sur les marches et regarde la nuit envelopper doucement la cité….je suis bien et peut être vais-je rencontrer Carmen….

 

 

Texte et Photos Jacques Douay

 

Office espagnol du tourisme : 22 Rue Saint Augustin 75002 PARIS

Tel : 0145038254

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1 Commentaire

  • Séville est une ville que nous avons eu le plaisir de découvrir récemment et nous avons été prises dans le tourbillon de l’histoire et de l’art. Du luxe aussi puisque nous avons eu la chance de séjourner à l’Alphonse XIII. Un moment inoubliable !

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