Pourquoi notre sac
et nous ça fait UN !

Pouvons nous nous imaginer, quinquagénaires et au delà, sortir sans sac ? Quels trésors contiennent ces It bags, cabas, fourre-tout qu’on trimballe partout, dans lesquels on plonge plusieurs fois par jour dans une recherche qui s’avère parfois vaine ?

 Que révèlent-ils de nous ces accessoires qui n’en ont que le nom tant ils nous sont essentiels ?

sac des femmes _les Boomeuses_Webmagazine_.emme_50 ans

Plongée dans le sac des femmes :

Que d’affection, de personnel dans le bric à brac de nos sacs :  les objets fonctionnels, types clés de voitures, de portes, téléphones, agendas avoisinent avec ceux plus personnels : trousse de maquillage, parfum, cigarettes, briquet, livre ET ceux plus « affectifs » : petits souvenirs glanés çà et là, sortes de porte-bonheur… Le tout mêlé de papiers : listes de courses, courrier pris à la va-vite au passage devant la boite aux lettres , factures, contraventions qu’on fourre là, dans un espace qui ne sera que transitoire, avant de s’en occuper vraiment. Objets qui occupent donc l’espace, pour certains, un laps de temps donné, dans la permanence pour d’autres.

De fait, on a tendance à enfouir là vite fait, un peu tout ce qui nous passe par la main dans la journée ; Sortes de Danaïdes on se surprend, en effet, à remplir nos sacs comme des réservoirs sans fond dont les couches successives attesteraient de la chronologie de nos activités quotidiennes : sur le dessus, ce qui nous sert régulièrement, dans le fond, ce auquel on a que peu accès, couche sédimentaire qui demanderait l’avis d’un scientifique pour en déterminer la nature exacte ainsi que la datation.

Et lorsqu’il s’agit de les vider ces sacs, voilà que surgit tout un monde qu’on avait presque oublié d’où la difficulté de l’opération : il est toujours plus aisé d’enfouir que de mettre au jour.

On l’aime notre sac, on les aime car on en a plusieurs en général, on les accable aussi comme s’ils avaient une existence en dehors de nous … Qui ne s’est pas mise en colère contre son sac lorsque, devant la porte, sous une pluie battante, on se prend à chercher désespérément nos clés ? On les tient fièrement à la main, à l’épaule, dans le dos, en bandoulière ; ils complètent avantageusement nos tenues et sont sortis depuis belle lurette de leur fonction dominicale, lorsqu’ils apparaissaient seulement pour nous accompagner à la messe, ou dans les cérémonies de la vie avec pour seul contenu un mouchoir et de l’eau de Cologne. On les brandit parfois comme des trophées car ils soulignent une appartenance sociale aussi … Ainsi en est-il du Kelly d’Hermès. On les regarde, on rechigne à les poser au sol. Lorsque je prends mon café, j’ai mon sac, près de moi, sur sa chaise 🙂

Véritable monde qui nous accompagne, il est en effet notre compagnon même s’il entrave la gestuelle parfois, même si il nous arrive d’envier les hommes qui sortent les mains dans les poches, dans cette liberté là…

 

Dominique Mallié, blogueuse tenait le blog «chic, j’ai cinquante ans » sur l’Express Styles avant de rejoindre Les Boomeuses. Prof de lettres, elle organise régulièrement des lectures de textes qu'elle écrit dans sa ville d' Avignon. Passionnée d'art, elle court les expositions et nous fera également partager quelques-uns de ses coups de coeur pour les artistes. Philosophe à ses heures, elle nous entretiendra de questions qui nous occupent et nous ouvrira d'autres perspectives de réflexion.

7 Comments

  • Répondre janvier 21, 2017

    Marylise

    Exit les petits sacs ! J’ai essayé plusieurs fois mais je n’arrive pas à caser le quart de tout ce que je transporte. J’ai également essayé d’enlever certaines choses mais comme toutes les femmes toute ma vie est contenue dans mon sac : maquillage, papiers divers carnets, cartes de fidélité etc…… Et comme tout le monde quand mon téléphone sonne je passe de longues minutes à le chercher dans tout mon bazar !! En bref mon sac est tellement lourd qu’il me donne mal au cou et à l’épaule et j’ai choisi un modèle que je porte en bandoulière

    • Répondre janvier 21, 2017

      Les Boomeuses

      Ah, le sac trop lourd qui fait mal, les clés qu’on ne retrouve pas, le tél qui sonne à l’infini…On se reconnaît dans votre description.

    • Répondre janvier 23, 2017

      dominique

      En bandoulière, oui, j’avais ça mais ça me faisait des torticolis, donc je suis revenue au grand sac à main … fourre-tout !

  • Répondre janvier 18, 2017

    matchingpoints

    Ah oui, les hommes se moquent de nos sacs qui contiennent aussi leurs lunettes dans un étui bien encombrant…

    • Répondre janvier 18, 2017

      dominique

      Exactement, ils sont toujours contents de pouvoir y mettre leurs lunettes, leur portefeuille etc… quand on sort ensemble 🙂

  • Répondre janvier 18, 2017

    Bossu Christine

    Vaste sujet ! Mon sac, c’est domaine interdit ! Personne n’a le droit d’y regarder sauf autorisation express et éphémère. Et que dire lorsque l’on passe d’un grand sac à un tout petit ? Que l’on ne doit garder que l’essentiel ? Mais qu’est-ce que l’essentiel pour un sac de femme ??? Quant à ces messieurs, les mains dans les poches, ils sont bien contents parfois de nous demander, la mine innocente : »peux-tu me prendre mes papiers stp? » En nous tendant leur portefeuille, les papiers de la voiture, leurs clefs qui abîment leurs poches.

    • Répondre janvier 18, 2017

      dominique

      J’ai essayé aussi les petits sacs et me suis retrouvée dans le besoin et le désir de mon grand sac fourre-tout…. et c’est vrai que le fond est parfois improbable 🙂

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