Periménopause et Ménopause

Odile Bagot, boomeuse née en 1959, est gynécologue, mère et blogueuse*, et rejoint pour notre plus grande joie notre rédaction. Chaque premier lundi du mois, elle nous livrera son expertise de gynécologue et nous parlera santé, gynéco, forme et bien-être.  Cette semaine, elle nous parle de Ménopause avec son ton si particulier.

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Périménopause et Ménopause

Ah ! La ménopause, c’est comme un grand retour à la case départ de la puberté, tout se détraque, on ne se reconnaît plus tout-à-fait, sauf qu’on nous impose (ou nous nous imposons) de rester performantes au boulot, en famille et au lit !

La ménopause, c’est une année complète sans règles, grosso modo entre 45 et 55 ans. Il s’agit  donc d’un diagnostic clinique et non biologique, inutile de faire une prise sang. Il y a bien une hormone, la FSH qui augmente chez les femmes ménopausées, mais cette augmentation débute plusieurs années avant la ménopause complète. Son dosage ne sert donc à rien pour confirmer le diagnostic.

Une fois la ménopause installée, (je répète, un an sans règles), quels en sont les symptômes principaux ?

Ce sont essentiellement les bouffées de chaleur, sèches ou avec sueur ou rougeur, qui surviennent plutôt la nuit mais peuvent tout aussi bien s’inviter en plein jour à vous donner la sensation de griller en enfer par moins 10 dehors ! Tout ceci s’accompagne volontiers de troubles de l’humeur et du sommeil, surtout si vous avez passé la nuit à essorer votre chemise de nuit ! Ces symptômes dits climatériques sont fréquents certes, mais pas obligatoires. Certaines heureuses élues y échapperont et d’autres chanceuses en souffriront peu ou prou à peine quelques mois.

En revanche, en absence d’oestrogènes, la sécheresse vaginale est quasiment constante et ses conséquences sur la vie sexuelle non négligeables. Une muqueuse vaginale sans oestrogènes, c’est comme une paire de Louboutin qu’on ne cire pas, ça finit par perdre sa souplesse ! Quel gâchis, une si jolie chaussure …

La carence en oestrogènes est également responsable d’autres altérations physiques et biologiques liées à la ménopause, en particulier l’augmentation du risque cardiovasculaire et la diminution de la calcification de l’os avec son risque d’ostéoporose.

Du point de vue cardiovasculaire, l’adage « on a l’âge de ses artères » devient particulièrement pertinent à cette période. Ce sera le moment d’être plus vigilante quant à la tension artérielle, le cholestérol et le poids.

Côté squelette, avant de tomber en miettes, faut-il mesurer sa densité minérale osseuse (DMO )?

Cet examen n’est justifié et remboursé qu’en présence des facteurs de risque suivants : fracture assez récente, tabagisme, ménopause précoce aux alentours de la quarantaine, index de masse corporelle bas, prise de cortisone au long cours. On ne peut parler d’ostéoporose et envisager un traitement que si l’on associe une DMO basse avec l’un de ces facteurs de risque !
Pour ce qui concerne la qualité de la peau, ce seront davantage votre capital génétique, votre hygiène de vie et votre exposition au soleil qui vous garderont votre peau de pêche … ou pas !
Enfin, on observe parfois de vraies dépressions concomitantes de la ménopause qui vont bien au delà d’un simple mal-être ou de troubles de l’humeur. Dans ce cas précis, l’introduction  d’un traitement hormonal en viendra facilement à bout. Une fois la ménopause installée, vous êtes nombreuses à vous poser la question du traitement hormonal. Toutes les infos pour éclairer votre lanterne d’ici peu dans Les boomeuses, patience

Qu’en est-il à présent de la périménopause ?

Cette période commence quelques années ou mois avant la ménopause complète et se caractérise par une alternance de périodes de cycles plus ou moins normaux et de moments en tous points semblables à la ménopause, (pas de règles, bouffées de chaleur, envie de mordre tout le monde), puis c’est reparti pour les règles !  C’est la phase la plus pénible, parce que les hauts et les bas hormonaux sont épuisants, on se sent changer à la vitesse grand V et il faut continuer à assurer sur tous les fronts : perso, boulot, grands ados et dodo avec Polo !
Pour compliquer le tout, c’est une période où se repose la question de la contraception ! Si votre FSH est supérieure à 25, cela indique qu’il n’y a plus de risque de grossesse, vous pouvez faire toutes les folies de votre corps sans contraception, youpi ! Sinon, même si le risque de grossesse est minime, personne ne peut vous assurer qu’il est nul … Et j’en ai vu des grossesses impossibles et impensables à 48 ans !

Vous trouvez dans ma chronique de février tous les tuyaux pour passer au mieux la périménopause et, tant qu’à faire, assurer côté contraception !

Un bon mois de janvier à toutes et … pas de galipettes sans filet !

 

3 Comments

  • Répondre janvier 4, 2016

    zaghdoudi collin

    Moi j’ai été ménopausée à 46 voir avant (prise yasmine)mais je n’ai eu aucun effet « secondaire »bien que les hormones, pour cause d’ endometriose, m’étaient interdites.Quel bonheur ,quel soulagement que ces fichues règles et ces tas d’interventions pour cause de voir plus haut soient terminées..La sécheresse vaginale je ne crois pas (57 ans)mais depuis 3 ans je suis veuve et le vibro ets tjrs utilisé avec lubrifiant ,pour rendre le jeu moins glauque 🙂

  • Répondre janvier 4, 2016

    matchingpoints

    C’est drôle, dans notre entourage nous avons pas mal de copines préménopausées, ayant pourtant la soixantaine….il y a encore un sentiment de perte de féminité pour certaines !
    PS Nous aimerions bien avoir une paire de …Louboutin

    • Répondre janvier 4, 2016

      Les Boomeuses

      Peut-être l’occasion de s’offrir une paire de Louboutin, c’est les soldes dans deux jours :))

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