Produits de beauté ou poison ?

Produits de beauté ou poison ?  Jusqu’à présent vous viviez plus ou moins en paix avec vos habitudes d’hygiène et vos rituels beauté mais voilà, le doute commence à vous ronger quant à l’innocuité de votre crème de jour payée la peau des fesses, ou la crème de fesses prescrite par votre gynécologue et payée par la sécu !

Parabènes et produits de beauté

Vous avez probablement entendu parler des phtalates et des parabènes, mais le triclosan et les filtres UV, vous en savez quoi au juste ?
Comment s’y retrouver dans cette jungle ? Quels sont les risques de ces substances ? Comment les débusquer et s’en protéger ?
Le plus compliqué, cela va être de faire simple ! Mais à coeur vaillant rien d’impossible, et je m’en vais vous donner la substantifique moelle de mes longues heures de recherche sur le sujet !

Quatre suspects principaux

Les phtalates. Ils se cachent dans les parfums ou « fragrances ». Seuls deux substances de cette famille chimiques sont strictement interdites dans la composition des cosmétiques, mais d’autres courent encore, en particulier dans les parfums.


Les parabènes. Ils sont présents comme conservateurs dans de nombreux produits d’hygiène ou de beauté.
Le triclosan. Il s’agit d’un anti bactérien qui affectionne particulièrement les gels douche, shampooings, dentifrices et déodorants dont, jusqu’à présent, vous n’aviez même pas    songé à vous méfier !
Les filtres UV. Vous savez qu’il faut éviter le soleil et les UV, mais que les crèmes solaires sont aussi mauvaises copines, c’est sans doute nouveau pour vous.

Chef d’accusation 

Chez lanimal, on a prouvé que ces substances pouvaient altérer la fertilité, provoquer des malformations génitales et induire des cancers hormono-dépendants. Et comme ils agissent par le biais du système hormonal, on les a appelés les perturbateurs endocriniensEt chez les humains, on les suspecte très fortement des mêmes méfaits ! Les preuves intangibles étant difficiles à établir mais la probabilité de nocivité étant forte, on applique le principe de précaution tant pour la réglementation qu’à titre personnel.

Au secours, vite des conseils pratiques !

1/Épluchez, mais raisonnablement, les étiquettes
Ne devenez pas pour autant des obsessionnelles de cette pratique, car vous allez doubler le temps consacré à faire vos courses !
• 
Si vous lisez « paraben » ou « triclosan », passez votre chemin ! Vous trouverez sans aucun doute un équivalent sans ces deux toxiques pour vos produits d’hygiène courants (gel douche, dentifrice, savon …).
• 
Cherchez des produits sans « parfum » ni « fragrance ».

2/Repérez les labels bio
 Cosmébio, BDIH, Nature et Progrès, Ecocert. Les cosmétiques et produits d’hygiène dits «biologiques» ne peuvent pas prétendre à une innocuité absolue, mais il est certain qu’ils vous éviteront la plupart des produits dangereux.

3/Evitez d’inhaler ou d’ingérer certains produits
Cela concerne les sprays en tout genre, le vernis à ongle, le rouge à lèvres, les colorations capillaires et les permanentes, le parfum.
En pratique :
• appliquer le produit dans une pièce suffisamment grande et bien ventilée.
• ne pas se remettre perpétuellement du rouge à lèvre si, comme moi, vous l’avez mangé en moins d’une heure.
• bien se renseigner sur la composition des produits utilisés par votre coiffeur.

Je trouve que dans cette liste, le plus difficile à exclure est sans doute le parfum, son parfum. Il fait partie de l’image que l’on souhaite donner de soi voire de son identité.

Alors faut-il le supprimer complètement ? Je rappelle ici que ne nous sommes que dans un principe de précaution et que les législations évoluent afin de diminuer au maximum les risques d’exposition. Alors pour celles qui, comme moi, ne lâcheront pas leur sent-bon, diminuez le nombre de pulvérisations, ne ciblez jamais la peau mais uniquement les vêtements, et retenez quelques secondes votre respiration au moment de votre pschitt – pschitt matinal !

4/ Le soleil et les crèmes solaires

Les filtres anti-UV peuvent être soit chimiques soit minéraux.
Les filtres chimiques, dont je vous épargne les noms, sont présents dans la plupart des crèmes, et suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Pour cette raison, on tente de les remplacer par des filtres minéraux comme dans les produits solaires bio. Mais – et oui ce serait trop simple ! – ces filtres minéraux ont la fâcheuse tendance à laisser un film blanc sur la peau, très prisé en période de carnaval, mais nettement moins élégant sur la plage ! Pour minimiser ce phénomène, il faudrait que les particules soient particulièrement fine, autrement dit, que ce soit des nanoparticules (dioyde de titane, oxyde de zinc). Or l’innocuité des nanoparticules est largement mise en doute.

Il ne vous reste donc qu’à vous protéger du soleil par tous les autres moyens à votre disposition : vêtements couvrants, chapeau, parasol et pas d’exposition directe ! Si vous avez une peau très sensible au soleil, réduisez les surfaces exposées mais continuez cependant à les protéger par de la crème solaire.

Et maintenant à vous de jouer !

    • limitez la surface d’application de la crème. Plus la surface de peau est grande, plus importante sera l’absorption du produit.

    • évitez au maximum les produits parfumés et les substance volatiles.

    • inspectez votre armoire de toilette et débusquez les parabènes, le triclosan, les phtalates (parfum, fragrance).

    • redéfinissez votre politique de protection solaire.

    • privilégiez les labels « biologiques ».

Et au bout du compte, faites confiance à votre bon sens, mais aussi à vos envies et vos choix pour vous sentir bien dans votre peau !

 

Odile Bagot est gynécologue et auteure du Dico des Nanas. 
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Photo ©Marie_Preaud

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