On a vieilli ou quoi ?

On a vieilli ou quoi ?

On a vielli-Les expressiosn desuetes_les Boomeuses

Mais elles sont où nos expressions si rigolotes, si imagées… Celles qui nous donnaient un langage fleuri et nous faisaient pouffer de rire intérieurement à les dire ?

Il y avait un temps où la langue était pleine d’images, aujourd’hui force est de constater qu’elles ont disparu, hélas… alors rappelons nous ces jours où on se disait qu’il fallait tout recommencer à zéro, savoir passer l’éponge et mettre les bouchées doubles si besoin était.

On était fières alors d’avoir cloué le bec à un blanc-bec qui ramenait un peu trop sa fraise voire même à lui river le clou. On s’amusait dans les discussions à mettre son grain de sel un peu partout et puis on filait à l’anglaise ou on disparaissait sans tambour ni trompette. On avait le béguin pour un ado qui sifflait son verre sans broncher et on riait devant lui à gorge déployée pour se le mettre dans la poche. On aurait décroché la lune pour lui …Si une copine vendait la mèche, à force de ronger son frein, on se faisait enguirlander et là il s’agissait de prendre vite fait la poudre d’escampette et de se racheter une conduite pour redorer son blason.

L’été, on rêvait de se la couler douce, par monts et par vaux, de filer vers la mer à tombeau ouvert pour s’alanguir sur les plages, les doigts de pieds en éventail.

Les fins de mois d’étudiantes étaient rudes parfois, on les arrondissait en faisant de petits boulots… on tirait le diable par la queue, il fallait se serrer la ceinture mais on donnait le change pour sauver les apparences et on lorgnait sur ceux qui avaient décroché la timbale, pour se ragaillardir.

On lisait Sagan qui défrayait la chronique en brûlant la chandelle par les deux bouts, on s’ébaubissait de la voir cul et chemise avec le Tout- Paris alors que nous on restait des culs terreux de province.

Les réunions de famille nous faisaient bâiller aux corneilles ; on s’était mises sur notre trente et un pour des vieux qui n’en valaient pas la chandelle ; on se la jouait il faut dire : on était étudiantes à la fac. On se la pétait quoi !

On n’avait pas encore de plomb dans la cervelle, on rêvait de déplacer les montagnes en se la coulant douce, et ça ne nous paraissait pas du tout incompatible…:)

(A ma très chère amie Fabienne qui vient à tous nos rendez-vous café  » ventre à terre »…)

 

Dominique Mallié, blogueuse nous livre chaque mercredi sa vision de cinquantenaire sur des sujets qui la touchent, l'émeuvent ou la font s'interroger sous la forme de chroniques au ton décapant. Elle tenait le blog «chic, j’ai cinquante ans » sur l’Express Styles avant de rejoindre Les Boomeuses. Prof de lettres, elle organise régulièrement des lectures de textes qu'elle écrit dans sa ville d' Avignon. Passionnée d'art, elle court les expositions et nous fera également partager quelques-uns de ses coups de coeur pour les artistes.

Lire aussi : Est-ce qu’on a encore envie de se prendre la tête ? 

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