Oliviero Toscani le photographe qui aime les femmes de 50 ans !

 

 

 

Oliviero Toscani, le photographe qui aime les femmes de 50 ans
Oliviero Toscani, le photographe qui aime les femmes de 50 ans
Oliviero Toscani, quelle est la différence entre photographier des mannequins et des femmes non professionnelles ?

Une grande différence. Une femme est intéressante, une mannequin est une fausse femme. On ne photographie pas l’âme du mannequin, on photographie ses formes. Moi, j’aime photographier le caractère, l’âme, l’esprit des femmes.

Pour Balsamik, vous avez photographié des femmes entre 30 et 50 ans. Comment photographie-t-on une femme de 50 ans ?

L’âge n’est pas un problème. Il y a des femmes de 50 ans qui sont beaucoup plus jeunes que des filles de 20 ans. Beaucoup plus intéressantes, plus animées, plus excentriques et c’est ça qui est intéressant. L’âge n’a aucune valeur. Une femme de 50 ans est intéressante parce qu’elle a un regard. C’est elle qui doit me regarder. Les femmes, quand elles regardent, sont beaucoup plus belles que quand elles sont regardées. Quand une femme regarde, il y a quelque chose dans ses yeux. Il faut être regardé par une femme, pas la regarder.

Quel regard portez-vous sur les femmes de 50 ans ?

Une femme de 50 ans, ça commence à être sexy !

 

Camille, 54 ans, styliste
Camille, 54 ans, styliste

 

Comment photographie-t-on une femme « mûre » sans qu’elle ne paraisse trop marquée ?

Il ne faut pas qu’elle s’agace de ça. Il faut lui dire que ce n’est pas ça le problème. Elle ne doit pas avoir de rides dans l’ esprit, ni dans l’enthousiasme, la curiosité ou  l’énergie. C’est là qu’il ne faut pas avoir de rides.

C’est sûr,  mais quand même, on n’aime pas forcément voir ses rides en photo ! Une photo, à partir d’un certain âge, ça pardonne moins, non ?

On est conditionnés par une beauté standardisée, alors on pense que seul ce qui entre dans cette norme est beau. Mais ce n’est pas vrai ! Les femmes laides sont celles qui ne s’acceptent pas. Ce n’est pas une question de beauté. Même une belle peut être laide. Quand vous êtes vraiment ce que vous êtes (en photo), vous ne vous aimez pas. Alors vous dites « la photo n’est pas bien ! ».  Et quand vous êtes fausse, vous êtes différente de ce que vous pensez être, alors vous aimez la photo. Quand vous ne vous ressemblez pas, vous dites « oh c’est bien, c’est bien !« . Il faut s’aimer, et vous les femmes n’avez pas vraiment le courage de faire ça. Même à 14 ans, les complexes commencent. Je crois qu’aux  idiots plaisent seulement les choses belles. Il y a même une beauté dans la tragédie !

Les-Boomeuses-Oliviero-Toscani-Balsamik
Guena, 45 ans, responsable de boutique

 

Pour vous Oliviero Toscani, qu’est ce qui rend une femme de 50 ans belle en photo ?

Son charisme, sa personnalité, son excentricité, sa folie, son courage, et son unicité. C’est une pièce d’art unique !

 

Est-ce qu’il y a des trucs de photographes pour qu’une femme de 50 ans soit mieux en photo ?

Il ne faut pas être là en attendant d’être photographiées, il faut savoir photographier entre les lignes. Trouver le moment ou vous êtes naturelle. Le problème, c’est que devant l’objectif, vous prenez des complexes alors qu’il faut les oublier et penser à quelque chose qui vous plait pendant que vous êtes photographiées.
Pourquoi les enfants sont-ils toujours bien en photo, même s’ils ont les oreilles comme ça (Oliviero Toscani fait le geste d’oreilles décollées) ? Parce qu’ils n’ont pas de problème de paraître, ils sont ce qu’ils sont. Voilà, il faut être un enfant ! Avoir la même allure qu’un enfant, la même générosité, honnêteté et innocence. C’est si simple que vous avez un problème. Vous êtes agacées par ça et vous dites  je ne suis pas belle comme ça.  Et comme ça, on est moche !
Ma femme a 60 ans mais elle est belle, mamma mia !

Finalement, une femme de  50 ans, cela signifie quoi pour vous ?

50 ans, mais c’est rien. C’est le moment où il faut recommencer une vie beaucoup plus intelligente, tomber amoureuse, s’acheter une moto,  trouver un nouveau fiancé.

 

*L’exposition Anti-clichés par Oliviero Toscani est visible sur le parvis de la gare Saint-Lazare, cour de Rome, jusqu’au 6 juillet.

Arielle Granat 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma femme a 60 ans masi elle est belle, mamam mia !

 

 

L’exposition Anti-clichés par Olivier Toscani, est visible sur le parvis de la gare Saint-Lazare, cour de Rome, jusqu’au 6 juillet. L’idée

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