Moi et François Mitterand, jubilatoire !

Il est seul sur scène pour une « conférence » sur l’amitié qui l’a lié à Francois Mitterand puis à certains de ses successeurs. Derrière un bureau Louis XVI, la photo du président accrochée au mur, Hervé Laugier commence le plus sérieusement du monde sa conférence.

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A l’aide d’un rétroprojecteur d’une autre époque, il va nous conter, « preuves à l’appui » la relation épistolaire et l’amitié qu’il a entretenu avec le président.
À la suite d’une rupture, il envoie sa première lettre à Françoise Mitterand, deux ans après l’élection de ce dernier. Quelques semaines plus tard, une lettre-type arrive, qu’il reçoit comme une réponse personnalisée. C’est le début d’une « correspondance » de plus de 30 ans avec 4 Présidents de la République, qu’il aimera ou détestera.

Quels que soient les sujets évoqués dans les lettres d’Hervé – problèmes intestinaux, huîtres trop laiteuses, disparition de son chat – la réponse reste toujours la même, débutant par «Cher monsieur, vos remarques seront prises en considération…». Pourtant, notre conférencier, arrive, en fonction de son degré de sympathie pour le locataire de l’Elysée en poste, à y déceler des différences notoires ou subtiles, des sous-entendus personnels ou même des messages secrets.

Hervé Laugier incarne un homme ordinaire, seul, naïf, dépressif, mythomane et délirant, qui s’est inventé une vie à travers ces lettres pour s’extirper de son existence banale. Olivier Broche, ancien des Deschiens de Deschamps-Makeïeff, est magnifique dans un personnage à la fois ridicule et touchant de solitude, sombrant dans une folie douce, qui fait penser aux personnages de Sempé. Et quand il chante, s’accompagnant sur un petit synthé-piano, c’est juste jubilatoire. Dans un décor en apparence désuet, chaque objet, chaque meuble, prend sa place dans une mise en scène inventive et burlesque poussant le comique de répétition à son comble.

Hervé Le Tellier, l’auteur, membre de l’Oulipo (groupe de recherche en littérature expérimentale fondé en 1960 par Raymond Queneau), a écrit un texte fin, brillant, absurde, plein d’humour décalé et d’humanité, dont la fin ne manquera pas de surprendre le spectateur. Courez-y avant le 15 avril !

Mitterand et moi
La pépinière théâtre
7, rue Louis le Grand
75002 Paris
Tél.01 42 61 42 53
Jusqu’au 25 mars du mercredi au Samedi à 19h
Du 30 mars au 15 avril du jeudi au samedi à 19h

Arielle Granat

 

1 Commentaire

  • Répondre mars 21, 2017

    matchingpoints

    Encore une fois, nous regrettons de ne pas être au bon moment à Paris, nous les petites provinciales !

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