Mincir après 50 ans

On a beau ne pas avoir de « vrais » problèmes de poids, on se retrouve toutes confrontées, la cinquantaine venue, à des problèmes de gestion des kilos. Un (petit) ventre trop marqué, des hanches qui cachent bien notre taille de guêpe, des fesses plus que rebondies, des cuisses plus tellement fines… Alors, on se demande : grossir après 50 ans, est-ce vraiment une fatalité.

Nous avons rencontré le docteur Sophie Ortega, médecin nutritionniste, qui vient de publier, La méthode minceur Tokyo Paris,  inspiré du régime des japonaises, adapté aux françaises

Interview d’une femme dont la ligne fait rêver

Est-il possible après 50 ans, sans effort, de ne pas grossir ?

L’arrivée de la ménopause pour les femmes marque un tournant, parce que c’est le moment où le métabolisme se ralentit, les hormones y sont aussi pour quelque chose. Physiologiquement, à cet âge-là, on commence à perdre du muscle et gagner du gras. Et c’est vrai que cela devient plus difficile de perdre du gras. Parce qu’on se retrouve à contre-courant de l’aspect naturel. Certains de mes confrères disent qu’avec l’âge il faut tranquillement s’attendre à prendre un kilo par an. En 10 ans, ça en fait 10, moi je trouve ce raisonnement fataliste. Il y a quand même des moyens avec des régimes applicables sur le long terme pour être efficace. Bien sûr cela ne sera pas un régime effet de paille, avec lequel on arrive à perdre, mais pas se stabiliser. Plus que jamais après 50 ans, il faut faire des régimes de longue haleine, qui doivent laisser une empreinte définitive sur le comportement alimentaire. Forcément, ce sont des régimes qui sont parfois restrictifs, mais dans lesquels il y a une participation du plaisir qui est totale, car sinon ça ne marche pas. On ne peut pas être dans la restriction toute sa vie, la notion de plaisir est importante.

Si je vous comprends bien, à 50 ans, on a deux choix : soit on fait attention, soit on prend du poids

Ce n’est pas forcément universel. C’est l’âge, associé à la transformation hormonale, qui est responsable de cette prise de poids.

Pensez-vous qu’une fois les kilos perdus, on peut ne pas les reprendre ?

Oui bien sûr, je vois ça tous les jours. Des organismes qui sont capables de perdre des kilos et qui arrivent à se stabiliser. Par contre, retrouver son poids et sa silhouette de ses 30 ans, il faut oublier ! Si on ne peut pas retrouver le poids de ses 30 ans, on peut quand même en perdre. Il faut juste accepter que les transformations ont quand même laissé des empreintes définitives.

Quelles sont les principales demandes des femmes de plus de 50 qui vous consultent ?

Elles ont plusieurs demandes, d’abord perdre leur ventre et acquérir de la tonicité ; elles se trouvent  ramollies aussi bien des bras que des jambes, et elles ont peur que le régime les fasse vieillir, perdre leur poitrine ou que leur visage  s’affaisse. Mais en fait, la réponse à ces problèmes se trouvent dans une bonne répartition des aliments, et éventuellement dans l’utilisation de compléments alimentaires. En fait, si on maigrit, le gras part ou il est situé. Au moins pendant la période du régime, il faut prendre des Oméga 3, des vitamines anti-oxydantes, des Omegas 6, du magnésium, et veiller au bon équilibre de la flore digestive. Souvent, à la ménopause, si on a pris un peu de poitrine, on la garde ;  on la perd plus souvent si on fait un régime avant cette période. Au moment de la ménopause, c’est surtout au niveau de la taille et des hanches que les femmes « prennent ». C’est le tarissement hormonal qui en est responsable, la distribution des graisses se faisant essentiellement sur la taille et les hanches. Après 60 ans, avec l’ostéoporose, on constate avec la perte d’un un ou deux centimètres, un effet « accordéon » au niveau du ventre.

C’est quoi, un régime spécial quinqua ?

C’est surtout un régime intelligent. À 50 ans, on ne peut plus se permettre de faire le dernier régime à la mode, comme à 20 ou 30 ans. Et encore, je dirais pas trop souvent, car le corps se souvient de tous ces régimes, et il devient de plus en plus résistant à maigrir. On est génétiquement programmé pour faire du stock ( en cas de pénurie ) ce  qui est signe de bonne vitalité. Donc, si durant toute sa vie, on apprend à son corps à vivre sous un effet de disette, il va d’autant plus  apprendre à mettre en exergue ses gênes de capacités à stocker ;  donc les régimes sont de moins en moins efficaces.
A 50 ans, les régimes trop restrictifs ne marchent plus, il faut mettre en oeuvre une diététique qui soit pérenne, et ce n’est pas dans la restriction que cela peut tenir.

Donc après 50 ans, c’est impossible de manger normalement ?

Cela dépend ce qu’on appelle « normalement ». Il y a une espèce d’horloge biologique qui marque un avant et un après. Mais le normal ne vient rien dire, c’est différent pour chaque femme. Après 50 ans, l’âge aidant, on constate une augmentation  relative de la graisse corporelle et la perte de muscles, et un métabolisme moins actif. Donc, si on ne contrôle pas un peu les entrées des aliments denses en calories, il y aura un petit problème.
Il faut donc contrôler la quantité des aliments gras sucrés et l’alcool. Dans la méthode, on diminue la densité de ces aliments en les associant avec du konjac, des algues, de l’agar-agar.

Docteur Sophie Ortega La méthode minceur Paris Tokyo-Les Boomeuse

Le régime pour quinqua inspiré de la méthode japonaise du dr.Ortega

La méthode est inspirée de la façon de se nourrir des Japonaises. Depuis leur  enfance, elles apprennent à bien s’alimenter, et l’alimentation traditionnelle est différente de celle des restaurants de sushis. Leur répartition spontanée des groupes alimentaires favorise les végétaux, avec une utilisation des légumes dans des préparations différentes des nôtres. Nous, quand on pense légumes, on pense soit crudités, soit légumes vapeur, et on perd l’aspect croquant ou ludique du légume.  Elles y associent des aromates, des fines herbes, du gingembre, des algues. Donc ça garde du goût, ça cuit dans le wok et ça reste al dente. Et ces poêlées de légumes deviennent une base pour la constitution du plat dans lequel on va mélanger un peu de  poisson, de la viande ou de la  volaille, et soit du riz, soit des produits de konjac* qui sont vraiment intégrés dans l’alimentation familiale des Japonais.

* Le Konjac est une tubercule, comme la pomme de terre. Cette racine contient une fibre, le glucomannane, qui présente un effet coupe-faim grâce à sa capacité importante d’absorption de l’eau. Son avantage par rapport au riz ou aux pâtes est sa très faible densité calorique.

Avec cette méthode, vous ne supprimez pas d’aliments ?

En effet, il n’y a pas vraiment de suppression d’aliments, sauf pendant la petite période starter de 15 jours, où il y a une forte orientation sur quelque chose qui va être actif sur l’amaigrissement. On est surtout dans le comportement, avec des consignes à respecter si on veut un résultat. Mais j’ai des patientes qui ont abordé la méthode en commençant directement par la phase zen ( après la phase starter) qui consiste à manger un peu de tout, même un peu de féculents à midi, et se faire plaisir deux fois par semaine. On se situe plus dans un mode de vie, plus que dans un régime.

La Méthode Tokyo Paris, expliquée par le docteur Ortega

 La méthode est basée sur 2 phases :  la phase starter et la phase zen, qui en fait est une nouvelle façon de s’alimenter.
Phase starter : 15 jours avec du konjac midi et soir, un petit déjeuner copieux. Phase zen, pendant 3 semaines, avec un petit déjeuner moins copieux plus ressemblant à ses habitudes. A midi  on réintroduit le riz, les pâtes et un peu de fromage. Le soir on continue avec le Konjac. Après ces 5 semaines, soit on a assez perdu et on reste sur la phase zen avec 2 fois par semaine un dîner libre, soit on veut encore perdre, et on refait la période starter pendant 3 semaines. Au bout de cette période, on peut espérer avoir perdu 4 kilos, mais il faut bien faire attention à la stabilisation de la phase zen. Après, on retrouve son équilibre alimentaire.L’idée sur le long terme est d’être toujours au plus près de la phase zen. Pour s’aider, le livre donne des astuces  inspirées des japonaises : utiliser un bento pour compartimenter ses aliments et avoir une place pour tous sans avoir des portions énormes. Utiliser également un petit bol japonais parfait pour la juste proportion du riz (150 g de riz cuit).
Un livre malin, plein d’idées et de conseils pour adapter son alimentation, changer ses habitudes et perdre du poids doucement sans se priver et sans avoir faim. Un livre avec de bonnes adresses, des idées de recettes, des adresses asiatiques à Paris, des conseils beauté, des réflexes santé et anti-âge, et des fiches très claires à suivre.
Une petite bible pour se sentir bien, à avoir chez soi.

La méthode minceur, Tokyo  Paris, docteur Sophie Ortega,
First Editions, 9, 95 €

Pour manger japonais facilement

Gerlinéa a lancé une nouvelle gamme de 6 produits inspirés de l’alimentation des Japonaises qui comprend du Konjac sous 3 formes (Kishimen, Shirataki et Gohan), du tofu et de l’Agar-Agar.
Japanes secrets by Gerlinéa, en grandes surfaces
Entre 2,55 € et 4,50 €.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7 Comments

  • Répondre avril 1, 2017

    Lila

    Pour le konjac j’en ai vu au rayon diététique du supermarché et on en trouve aussi dans les magasins bio, au pire ça doit pouvoir se commander mais si c’est pour l’effet coupefaim l’gar agar (magasins bio) est bien aussi ou sinon le son d’avoine, très efficace (et facile à trouver, rayon diététique des supermarchés)

  • Répondre avril 1, 2017

    Lila

    Bonjour,

    à propos du poids de ses 30 ans c’est un peu particulier je faisais 50 kg pour 1m72 (avec de grosses articulations et un thorax trop grand à cause de la natation de 13 à 18 ans) mais c’était assez pathologique ce n’était pas mon poids normal, il etait du au stress à la cafeine et à la cigarette, pour exemple à 18-20 ans j’en faisais 55. A 40 je fumais toujours j’tais entre 53 et 54, j’ai pris environ 5 kg à l’arret ce fut assez progressif, bref après 45 je faisais dans les 56 57 kg, je suis montée à 60, redescendue à 56 (impossible de descendre davantage j’en conclus que c’était mon poids « de forme ») puis passé 50 j’en ai progressivement repris 4 et 2 ans plus tard revoilà ces maudits 60 kg, j’en ai quand meme reperdu 1. J’ai la chance de prendre encore assez facilement du muscle et il me suffit de supprimer les gateux et tout ce qui est farine au sucre et fromage au lait de vache pour perdre du ventre. mais j’ai trop de poitrine meme si la glande en elel meme n’a pas bougé et que je fais toujours 87 cm de tour de seins en fait, c’est autour que la « poche » s’est remplie et surtout j’ai cette maudite cellulite sur les bras c’est ma plaie depuis toujours meme jeune j’vais trop de bras (sauf à 30 ans mais ils étaient moches à cause de mes jointures trop grosses les épaules aussi par conséquent). Bref, puis je reperdre ces 5 kilos tout pourris ou pas ? et avec un peu de chance perdre de la poitrine ? je frise le 90B mais avec mon thorax de profil ça fait nourrice….

  • Répondre juillet 9, 2016

    Janine Paquette

    Bonjour
    Je ferai une croissière de 15 Jrs vers l’ouest et je reviendrai vers l’est en voiture durant une quinzaines de Jrs tout en visitant.quelle genre de valise pouvez- vous me conseillez
    Merci

    • Répondre juillet 10, 2016

      Les Boomeuses

      Bonjour Janine,

      Difficile de vous répondre. Tout dépend de votre façon de voyager (peu ou beaucoup de vêtements, place dont vous disposez dans votre voiture…) Nous on aime beaucoup les sacs et valises de chez Lipault des valises ou sacs souples qui ont des roues et sont assez modulables. En ce moment elle sont en soldes… Bonnes vacances

  • Répondre janvier 11, 2016

    Les Boomeuses

    On trouve le Konjac dans les épiceries asiatiques au rayon frais. Sinon on en trouve sous la marque Gerlinea en grandes surfaces.

  • Répondre janvier 11, 2016

    dominique mallié

    merci pour ces conseils judicieux, mais le Konjac on le trouve où ? c’est donc Gerlinéa qui le commercialise dans les magasins bio ?
    merci pour votre réponse

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