Mettre les formes
pour être en forme

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Les injonctions santé-forme-bien-être traversent depuis des dizaines d’années les publicités, articles, discours nutritionnels et médicaux.

 

Nous en sommes baignées, au risque de culpabiliser si nous ne mangeons pas nos « cinq fruits et légumes » et « trois produits laitiers » par jour, et n’avons pas accompli notre demi-heure d’activité physique quotidienne.

Mais à force de voir et d’entendre les discours des férus de la vie « saine », il nous arrive, à la cinquantaine, de jeter au miroir un œil moins complaisant et d’écouter nos fatigues physiques et mentales. Et si chacune de nous était néanmoins concernée par l’attention portée à soi  ?

 

Mais c’est là où notre esprit de révolte s’éveille : pourquoi croire aux allégations souvent contradictoires, au point où l’on ne sait plus quoi manger, les recherches en la matières évoluant aussi vite que les innovations industrielles qui nous attendent au coin du porte-monnaie !

Pourquoi s‘inscrire à un club de gym cher si nos occupations, activités professionnelles, nos déplacements, nous font bouger autant qu’une bonne séance ? Notre bonne conscience bien peaufinée trouve mille excuses à grignoter parfois n’importe quand et prendre la voiture quand on pourrait marcher !

Tout d’abord, inscrivons cette « forme » non pas dans nos « formes » (elles suivront si elles le veulent bien !) mais dans notre désir du « Mens sana in corpore sano », maxime universelle, intemporelle, davantage pourvue d’âme que les machines à muscles !

Questionnons aussi « l’enfant » en nous qui courait, jouait pour découvrir le monde et s’y faire une place. N’a-t-il pas envie de se réveiller, d’enfourcher une bicyclette, de faire des longueurs, de descendre deux stations de métro avant pour bouger tout simplement ?

À la cinquantaine, et à moins d’avoir depuis fort longtemps exercé une activité physique, point n’est besoin de s’élancer sur les courts de tennis ! Respirer, s’étirer, faire le chat, découvrir que notre corps n’est pas qu’un instrument au service de. Il tricote avec notre psychisme, et souvent à notre insu, des relations si fortes que les chercheurs travaillent depuis fort longtemps sur les capacités de réparation musculaire de grands sportifs en leur faisant visualiser leurs blessures et les moyens d’y remédier. Et ça marche. Cette harmonisation corps/psychisme s’applique aussi sur notre façon de nous nourrir. Si l’obésité touche plus les Etats-Unis que la France, c’est  que, mises à part le volume impressionnant des portions alimentaires, ils n’ont pas nos traditions et cultures culinaires qui mettent des limites et indiquent des repères. L’acte de manger dans le partage d’un repas en devient plus réjouissant, et l’on sait l’influence du mental sur le corps !

« Mens sana in corpore sano »… Encore faut-il susciter le désir qui nous amène au savoir quoi et comment manger et bouger, selon notre métabolisme et la connaissance intuitive de ce qui est bon ou pas pour nous.
A la cinquantaine, nous avons une fâcheuse tendance au fatalisme – « c’est normal c’est l’âge » – qui n’empêche pas les kilos et l’ankylose d’arriver et d’amoindrir l’image de soi. Rien de « normal » donc à se fondre dans le chiffre de l’âge légal, d’autres alternatives sont possibles !

Écoute de soi, de ses rythmes intérieurs, de ses désirs, s’informer pour se repérer dans la jungle des injonctions et allégations pour se faire sa propre idée, admirer nos incroyables horloges métaboliques et s’exercer tous les jours à les actionner… ça a l’air facile quand la mise en pratique devient une envie plus qu’une habitude !
Mais c’est sans compter les immanquables barrières, conscientes et inconscientes, qui viendront justifier nos statismes et nos régressions refuges. Pourquoi pas, si la culpabilité ne vient pas y mettre son nez, et que ces parenthèses s’ouvrent à de nouvelles énergies !

 

 

 

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