Pourquoi la lecture
nous fait du bien

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Si il y a un truc qui me déprime quand je vais dans une librairie c’est de voir que les gens achètent  Musso ou Lévy…
Je devrais me dire qu’il y a dans cette lecture déjà de la lecture, c’est à dire l’effort de la lecture, du déchiffrage, du suivi d’une intrigue, bref une attention focalisée là, un acte délibéré et non subi, mais non, ça m’agace.
Aller d’emblée vers ces auteurs à succès, c’est se priver du choix d’un livre, d’entrer dans une librairie ou parcourir un rayon spécialisé d’un grand magasin, c’est se priver du « plaisir de l’avant » qui commence la porte de la librairie franchie. (Comme lorsqu’on projette un voyage et que l’on s’affaire à se renseigner sur les lieux visités, le parcours choisi, qu’on se fait une joie de ces moments à venir dont on aura anticipé la connaissance).

Il m’arrive de visiter des librairies

Par exemple, place Colette à Paris, je ne manque jamais d’aller faire un tour dans la librairie qui se trouve là DELAMAIN GALLIMARD : quelques tourniquets de cartes postales sur le trottoir et dedans, des livres et des livres, une impression de fouillis, et surtout des commentaires sur les livres intéressants, qui donnent le désir de la lecture… La dernière fois, par exemple, j’ai trouvé La chapelle Sextine de Hervé Lettelier, déjà dans la librairie je riais en lisant de petits passages, ça s’est confirmé à la maison. J’ai découvert aussi Le caillou de Sigolen Winson (il suffit que je lise  » fantaisie mélancolique » pour déclencher chez moi le désir de la lecture). Le plaisir c’est celui de la découverte, comme en voyage en fait.

Il y a une différence notoire pourtant entre ces voyages immobiles et ceux des transhumances estivales, un espace qui porte un nom et auquel, plus je vieillis, plus j’aspire : la tranquillité.

Je choisis mes livres en fonction des moments : il y a ceux que j’engloutis en une soirée, ceux qui traînent des semaines sur ma table de nuit et les livres légers des vacances qui s’accommodent du soleil et donc d’une lecture pas toujours aisée, celle de la plage et des cristaux de sable qui s’immiscent entre les pages, du vent, pour pasticher (mal) Delerm, des pauses.

Pendant l’année, c’est vrai que c’est difficile de lire, entre une chose et l’autre, assommées d’obligations que nous sommes, mais pendant les vacances…. Il m’est arrivé de relire tout Proust une année, puis Sagan (oui, mes goûts sont très éclectiques mais sûrs), puis Colette, puis Balzac, puis … Ils l’ont compris les auteurs qui, à la manière d’ Antoine Compagnon, nous proposent chaque été la compagnie d’un écrivain ; ainsi y-a-t-il eu Un été avec Montaigne, un autre avec Hugo, un avec Proust, etc. Ouvrages de vulgarisation, mais qui s’en plaindrait ? Ils sont centrés sur l’anecdote, et rendent les écrivains familiers. Ils ont le mérite de les faire sortir du cadre scolaire, qu’il soit ancien ou non, car pour beaucoup, ces auteurs n’auront été envisagés qu’au cours d’une scolarité, donc obligatoires, donc rasoirs par essence.

Pense-t-on seulement à se réfugier dans les bibliothèques, salons de thé qui proposent un coin lecture ? Ou n’est-ce pas que du bonheur de s’allonger pour la sieste l’après-midi, quand l’été sera là, à l’ombre ou à l’intérieur, volets mi-clos qu’on aura pris soin de fermer dès le milieu de matinée et de se plonger dans un bon bouquin tout en sentant venir le sommeil réparateur ?

 

 

Dominique Mallié, blogueuse nous livre chaque mercredi sa vision de cinquantenaire sur des sujets qui la touchent, l'émeuvent ou la font s'interroger sous la forme de chroniques au ton décapant. Elle tenait le blog «chic, j’ai cinquante ans » sur l’Express Styles avant de rejoindre Les Boomeuses. Prof de lettres, elle organise régulièrement des lectures de textes qu'elle écrit dans sa ville d' Avignon. Passionnée d'art, elle court les expositions et nous fera également partager quelques-uns de ses coups de coeur pour les artistes.

8 Comments

  • Répondre mars 10, 2017

    Mjo

    Bonsoir l avignonaise. … Comme moi . Même si maintenant je suis expatriée sans le sud ouest.
    J adore entrer dans une librairie et fouiner dans les rayons sans idée préconçue sur tel ou tel livre.cela peut donc être un polarge ou un roman.j ai ainsi découvert un jour un tout petit livre »la dame qui aimait les toilettes propres  »
    Ce titre m a interpellée. Je l ai dévoré en qlqs heures car il avait peu de pages. L histoire est originale, le style banal mais j ai passe un bon moment et la fin est « mignonne ».
    Moi aussi j enseigne mais à des jeunes enfants.Quand j avais des élèves du primaire c etait difficile de les faire lire.Alors je leur disais que tout est bon à lire ,même un magazine de mode ,de foot ou de voiture. Il faut savoir commencer petit et qui sait peut être un jour il y aura un déclic.
    Maintenant j ai des maternelles et tous les jours je leur lis deux histoires.À la fin de la semaine on vote pour dire quels sont les deux su ils veulent que je relise.
    Bonne continuation.

    • Hello, merci pour votre commentaire, mais je vais le lire ce petit bouquin …. Raconter des histoires, on aime ça , et en écouter c’est toujours un grand bonheur. Je me souviens de quelques soirées où je faisais la lecture de mes textes, et du plaisir de la lecture déjà, à voix haute, et celui de sentir les réactions dans le public, les petits rires, de deviner les yeux et l’attention qui était là …
      Bonne fin de journée du mardi , à vous !

  • Répondre mars 9, 2017

    marie françoise

    Merciiii !
    il y a bien longtemps que je ne suis pas tombée sur un livre qui me fasse chavirer, un livre, qui, dès l’instant où j’ai lu le premier chapitre, que dis-je, les premières lignes, me fait oublier le monde qui m’entoure, me cloue sur place, m’empêche de me lever du fauteuil où je suis assise, rend hostile toutes les tâches …. il existe quelque part ce livre là…. je le rencontrerai…. un jour !

    • ça me fait ça avec certains polars, de Bussi ou Vargas, j’en oublie le monde qui m’entoure …

  • Répondre mars 8, 2017

    matchingpoints

    La lecture est un plaisir avant tout, un plaisir intellectuel qui permet d’apprendre, mais parfois aussi un plaisir de détente, tout simplement. L’idéal serait de faire des quotas pour garder un équilibre…

    • Les livres n’ont pas la même résonance suivant les moments de nos vies en effet … .

  • Répondre mars 8, 2017

    marie françoise

    bonjour,
    je plaide coupable : je lis du Musso et du Levy ! Avec, pour seule excuse, c’est qu’effectivement ce sont des valeurs sures …. (quoique… je n’ai pas aimé le dernier Levy !) pour l’usage que je veux en faire à l’instant T.
    Et le co-coupable de cette « facilité » est le temps… encore et toujours le temps ou plutôt le manque de temps ! J’aimerai prendre le temps de chercher, de fouiner, de lire un ptit bout, consacrer une heure ou plus à acheter un bouquin (au sens noble du terme). L’une de mes (avant) dernière bonne résolution étant de prendre le temps de lire au moins une heure par jour, avec, en déclinaison tout ce que cela suppose : trier mes livres, relire « mes classiques », prendre le temps de choisir un « bon bouquin », discuter avec le libraire…. que du bonheur me direz-vous ! allez promis je vais faire un effort …. pour les prochains MUSSO et LEVY j’attendrai la version poche !

    • Vous me faites rire Marie-Françoise, quel commentaire plein d’allant … je pense que ces auteurs savent raconter des histoires et comme je le dis dans ma chronique, c’est toujours intéressant de se laisser porter par des histoires , voire emporter . Mais voilà, du point de vue de l’écriture , ça pêche … Que de bonnes résolutions pour vous ! il faut être dans la décontraction par rapport à la lecture . Un livre c’est une rencontre, ça marche ou pas, on le laisse un temps, on y revient ou pas …

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