Impressions de Cuba, La Havane

Entre rêve et réalité, de Christophe Colomb à Ernest Hemingway. Il partait pour trouver la route des Indes, il aborde à Cuba. Hemingway y vécut 23 ans. Les espagnols y décimèrent les Indiens. Occupée par les Anglais, puis à nouveau par les Espagnols, l’île fut cédée au Américains. Cuba se bat pour son indépendance… l’armée révolutionnaire entre à La Havane en 1959. L’histoire s’écrit… avec pour nom Carlos Manuel de Cespedes, José Marti, Che Guevara, Fidel Castro.

La Havane ou Habane Vieja, classée au patrimoine mondial  de l’UNESCO

Pour votre première visite serez-vous comme moi, pris entre la beauté décrépite de la « Habana Vieja », certes en cours de rénovation, la gentillesse des Cubains et la réalité d’une pauvreté renforcée par un blocus qui n’a plus lieu d’être ? La Havane est une ville unique, singulière… « la cité des mille colonnes » c’est ainsi que Alejo Carpentier, grand écrivain cubain a baptisé la capitale cubaine, « à chaque pas je traversais le réel merveilleux… ».

Plaza de Armas, Plaza Viejo, Parque Central, Plaza de San Francisco, la cathédrale

Il faut aller au fil des rues pavées, des placettes, des patios grandioses. Il reste une bonne centaine de Palais, témoins de quatre siècles d’architecture coloniale.
Remontons d’abord le Prado (Paseo Marti), une grande avenue avec de part et d’autre de vieilles demeures, une allée centrale ombragée où devaient déambuler à l’époque les belles dames et les riches négociants de la belle Epoque.
Il faut admirer ces maisons aux couleurs pastel, les vieux balcons en fer forgé.

LE PRADO

Les façades témoignent d’un passé grandiose même si beaucoup sont décaties. Un programme de rénovation est en cours, des échafaudages çà et là et la présence d’ouvriers prouvent la réalité des travaux. Bien sûr, parfois derrière ces murs se cache la vie réelle des habitants… manque  d’eau, insalubrité, proximité… les couleurs pastel ne gomment pas tout.

La façade d'une vieille demeure en décrépitude

Le « Paseo Marti » c’est avec le « Malecon »  un lieu de rendez-vous des Havanais, toujours palpitant de vie, on y discute…on troque…(échange d’appartement)… les écoliers y font leur gymnastique… Pourquoi pas le remonter en calèche… en vélo-taxi (bici-taxi) ou dans une de ces vieilles décapotables américaines bichonnées par des chauffeurs amoureux de leur guimbarde qui leurs permettent bien souvent d’arrondir les fins de mois car ici le salaire moyen et de 17 €.  Au bout de l’avenue nous découvrons le Capitole (en restauration) réplique du Capitole  de Washington.

Les vieilles américaines nous font rêver…les Cubains rêvent de voitures neuves

Au bas de la vieille ville la Plaza de armas avec le Musée de la ville, la statue de Carlos manuel de Céspedes initiateur de la première guerre d’indépendance en 1868. Là des bouquinistes nous proposent toute la littérature concernant l’épopée des révolutions du pays mais aussi de très belles affiches du cinéma cubain.

 

Terrasses, bars et galeries d’art

Un crochet vers la « Plaza Vieja » entièrement restaurée, on visite les différentes demeures qui abritent maintenant des galeries d’art et centres culturels. Posons nous à la terrasse d’un bar pour y déguster une bière artisanale fabriquée sur place.

Voilà la « Calle Obispo » rue piétonne  et entièrement rénovée. Là les touristes achètent…les Cubains regardent. C’est ici que l’on trouve les plus anciennes maisons de La Havane. Un arrêt devant la « farmacia y droguerai Taquechel » devenue herboristerie, intérieur vieillot tout en bois et de très beaux bocaux de verre venant de France et d’Espagne.

Scènes de rue

On ne sait plus où donner du regard…on est entre rêve et réalité…heureusement la musique partout présente nous guide, une présence encore lointaine, elle arrive dans nos oreilles et nous mène au pied de l’hôtel Ambos Mundos, 5ème étage. Levons la tête pour apercevoir les trois fenêtres de la chambre où habita quelques temps Ernest Hemingway.

Nos pas dans les siens on pénètre dans le bar mythique « El Florida » pour y boire le « Hemingway especial » inventé par lui : un daiquiri agrémenté d’une double ration de rhum !…. le prix aussi est à double ration… tourisme oblige… et d’un pas un peu moins certain, la chaleur aux oreilles nous entrons dans l’autre bar incontournable, la cantine de notre célébrissime écrivain la « Bodeguita del Medio ». Enfin on essaie d’y pénétrer, les touristes sont collés au bar comme des berniques sur un rocher. On se glisse entre le  « Canada et l’Allemagne »… ici le « Mojito » est obligatoire mais malheureusement pas le meilleur…n’empêche il faut boire comme l’ont fait Errol Flynn, Nat King Cole, Allende, Pablo Neruda, Garcia Marquez…et moi. Bon les murs et plafonds constellés de graffitis commencent à danser accompagnés par une ambiance de musique cubaine… sur les traces d’Hemingway « mon Mojito à la Bodeguita, mon Daiquiri à la Floridita ».

La bodega del medio cantine d' Hemingway

Heureusement la fraîcheur de la cathédrale San Cristobal nous remet l’esprit d’aplomb. Cette cathédrale construite par les Jésuites a abrité la tombe de Chistophe Colomb jusqu’en 1899. Ses cendres furent transportées à Séville. Un pur chef d’oeuvre de l’art baroque. Comme la place « plaza de la cathedral », une architecture équilibrée et harmonieuse à voir de jour comme de nuit. Profitons-en pour visiter le Centre d’Art Contemporain Wilfredo Lam (grand peintre surréaliste cubain). Cette belle maison coloniale accueille des expositions temporaires d’artistes du monde entier.

Notre balade nous mène vers un endroit incroyable, la « calle Callejon de Hamel »

C’est une rue investie par des artistes à l’initiative du peintre muraliste Salvador Gonzales Escalona. Plus connu sous le nom d’artiste « Salvador », il mélange le surréalisme, le cubisme et l’art abstrait. Tous les objets de notre vie  trouvent grâce dans ses mains…vieilles baignoires, pompes à eau, moulins à vent… il a transformé sa rue en atelier galerie afro-cubaine… Il s’inspire de Dali, Miro Picasso, de la vie quotidienne des habitants…il vit là, il crée là. Si par chance vous venez un vendredi la musique cubaine s’invite dans la rue, le dimanche la rumba.

La musique est omniprésente à Cuba

Cette musique omniprésente reflète bien l’âme cubaine, expression d’un métissage avec des instruments métissés. Vous l’entendrez et la vivrez partout … de Benny More un des plus illustres chanteur compositeur cubain, à la Trova musique des troubadours cubains.

Nous allons quitter la  « Havana Vieja » charmeuse et charmante… cachant ses difficultés aux touristes que nous sommes par une qualité d’accueil exemplaire, des sourires qui montrent peut-être un peu d’espoir dans une relative libéralisation.

INFOS PRATIQUES 

Pour voyager à Cuba :  Passeport valide et carte de tourisme (payante) disponible au  Consulat ou agences de voyages, validité 30 jours .
Office de tourisme de Cuba, 280 Boulevard de Raspail 75014 Paris, tel : 01 45 38 90 10 Consulat Général de Cuba, 14-16 rue de Presles 7501 Paris tel : 01 45 67 55 35
Y aller Air France, Cubana De Aviacion, Iberia, Air Europa
Location de voitures possible sur place. On peut réserver avant le départ dans les agences spécialisées sur Cuba
Monnaies en usage, deux monnaies en circulation : le peso cubant et le péso cubant convertible (CUC) qui est indexé sur le dollar US utilisé pour les touristes. C’est donc la monnaie que vous utiliserez

Texte et Photos Jacques Douay

1 Commentaire

  • Répondre décembre 2, 2016

    Odile

    Joli carnet de voyage, merci Jacques ! Odile

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