Chouette, ils sont partis !

Ils sont partis. Ca y est.

Les oiseaux ont – enfin – quitté le nid. Bon ok, ils reviennent une fois par semaine pour relever leurs courriers et vérifier que votre machine à laver tourne aussi bien mais globalement pour vous et l’être aimé ce départ sonne comme une seconde jeunesse. De nouveau à deux, comme seuls au monde, on se prend à rêver de renouer avec la fougue des premières années. En plus on a la maison pour nous.

Souvenez-vous, c’était hier, ou avant-hier, l’envie pressante, urgente de l’autre. Ce besoin irrépressible de se lover contre lui, de passer une main sous sa chemise, de titiller ses sens. Cette danse nuptiale stoppée net par la musique à fond du deuxième (« mais sérieux qui lui a transmis cette passion pour le hard rock ? »), sans oublier les crises de larmes répétées de votre aînée, adolescente qui veut se suicider toutes les semaines quand elle rate La Nouvelle Star et à qui vous vous retenez de dire « Fais-le, qu’on en parle plus ». Quand à la petite dernière, « Faire un bébé à 40 ans mais quelle connerie », ses pleurs ont eu raison de votre libido. Le soir, elle pousse le vice jusqu’à commencer sa nuit dans votre lit « comme ça, c’est mieux » dit-elle en rabattant la couverture que jadis vous mordiez en gémissant de plaisir.

A cette époque, oui on l’avoue on envoyait les gosses chez mamie pour pouvoir s’octroyer une bonne vieille partie de jambe en l’air à en faire trembler « les murs de Jéricho » comme le chantait Michel Sardou.

Car oui maintenir une vie sexuelle riche et épanouie avec des enfants sous le même toit c’est aussi ardu que de monter les blancs en neige sans robot. C’est possible mais pas simple. Maintenant qu’ils sont partis vivre leur vie, la maison calme est de nouveau votre territoire. Réinvestissez-le. Redécouvrez le plaisir unique des douches à deux, laissez le câlin déraper sur le canapé du salon. Les parties communes sont redevenues votre possession. Mais attention, inutile pour se faire de la rejouer comme à 20 ans. Car qu’on se le tienne pour dit si nos enfants ne nous ont pas aidé à se ménager ces moments de plaisir à deux, ils nous ont aussi appris à feinter en laissant de côté la quantité pour la qualité. Petit coup vite fait bien fait sans un bruit pour ne pas réveiller les maisons n’ont plus de secret pour vous. Maintenant que l’immensité de l’appartement vous appartient, que vous pouvez vous y balader nue comme un ver, que la machine à laver peut redevenir un objet à fort potentiel sexuel, vous vous surprendrez à ne pas faire des folies. Vous le comprendrez assez vite, il est inutile à 50 ans passés de rejouer « Basic Instinct » pour prendre du plaisir.

Le renouveau de votre vie sexuelle se nichera dans des petits détails comme ne pas vérifier si la porte est fermée, ne pas tendre l’oreille à tout bout de champ dès le moindre craquement de plancher, rester au lit des heures. Alors profitez. Et dépêchez-vous parce que votre ado fan de La Nouvelle Star qui au lieu de faire comme promis une tentative de suicide a préféré devenir psychologue pour enfant est en couple depuis 2 ans. Ca parle mariage et donc, d’ici très peu de temps vous serez grand-mère, dans le langage courant des grandes villes où les places de crèches sont aussi rares que les tickets gagnants de grattage ça signifie « une nounou ». Diantre ! C’est peut-être le moment de le faire sur la machine à laver finalement !

Virginie Guedj-Bellaïche

6 Comments

  • Répondre mars 2, 2016

    Loretta

    La machine à laver, je suis morte de rire rien que d’imaginer le tableau ! ça va me couper tous mes effets ;D

  • Répondre février 7, 2016

    ryna

    boomeuses ou génération « chic-ouf » c’est à dire chic ils arrivent, ouf ils s’en vont…

  • Répondre janvier 29, 2016

    zaghdoudi collin

    Surtout profitez..car d’une part il y a le veuvage parfois très précoce (en ce qui me concerne ) et d’autre part les petits enfants géniaux mais parfois un peu envahissants

  • Répondre janvier 29, 2016

    Catherine

    Excellente proposition ! Je prends ! 😉

  • Répondre juin 22, 2014

    Arielle Granat

    Merci pour votre commentaire. Heureusement , en effet que la vie ne s’arrête pas à 50 ans.
    Et que celle-ci nous réserve encore de belles surprises.
    Bonne continuation et plein de bonheur

  • Répondre juin 22, 2014

    Ivi hers

    Génial et merci pour ce superbe magazine, j’ ai presque 50 ans et je redémarre ma vie a zéro pour une nouvelle vie d’amour et de bonheur après 25 ans d´une vie brisée par la violence et la trahison … Je redécouvre l’amour et le bonheur d’être une femme dans les bras d’un homme formidable … Donc oui a 50ans la vie est belle et bien plus qu’à 20ans même avec quelques rides de tendresse… Bonne continuation et merci 🙂

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