Ménopause et épanouissement sexuel. Interview du Dr. Bagot

Odile Bagot est gynécologue.  Pour les Boomeuses, elle répond aux questions que l’on se pose sur libido, sexualité et ménopause. Après avoir évoqué les problèmes que peuvent rencontrer certaines femmes à la ménopause, elle nous parle de l’épanouissement sexuel à l’âge de la ménopause.

 

Y a t’il une part psychologique dans la baisse de libido à la ménopause ?

La part psychologique est aussi très importante, mais le facteur principal qui détermine la vie sexuelle à la ménopause, comme cela a été démontré dans plusieurs études, c’est la qualité de la vie sexuelle antérieure et l’entente avec le partenaire actuel.  Certes, une femme peut sentir un « flottement » psychologique comme à toute rupture d’équilibre (puberté, grossesse, post partum) et il existe aussi de vraies dépressions de la ménopause  qu’il ne faut pas occulter. Au mi-temps de la vie, le questionnement existentiel (qu’ai-je fait de ma vie et que vais-je en faire ?) est inévitable. S’y rajoutent enfin des modifications de la structure familiale avec les enfants qui quittent le nid et les vieux parents qui quittent la vie…

Comment trouver un épanouissement sexuel à l’âge de la ménopause ?

Ce qu’il faut retenir c’est que, contrairement à l’idée reçue, la ménopause ne signe pas la fin de la vie sexuelle, bien au contraire, elle est une période favorable à un véritable épanouissement sexuel, nourri de l’expérience des années passées et entretenu par les liens affectifs actuels. Les modifications hormonales ne sont pas le déterminant principal, mais la carence en oestrogènes peut représenter tout de même une difficulté qu’on pallie complètement avec le traitement hormonal de la ménopause (un peu moins avec des traitements locaux mais à ne pas négliger s’il y a une contre-indication au THM).

 

Une femme amoureuse connaîtra moins de problèmes sexuels liés à la ménopause ?

Elle ne rencontrera pas de problème de libido, mais si la muqueuse est vraiment atrophiée il y a un risque de fissures et de douleurs.

 

Donc ce n’est pas une fatalité de connaître une baisse de libido à la ménopause, contrairement aux idées reçues ?

La libido n’a pas de raison d’être altérée chez les femmes quand le couple a une bonne entente sexuelle et des rapports réguliers bien au contraire car il y a moins de contraintes (contraception, enfants) et plus de temps si on est à la retraite, parfois moins de soucis financiers. La régularité des rapports (je plaiderais pour un rythme hebdomadaire…) est à la fois garante d’un entretien du désir et d’une bonne qualité de la muqueuse vaginale qui s’atrophie moins (elle ne s’use que si l’on ne s’en sert pas !).

 

Lire aussi : Libido, sexualité et ménopause, les réponses du Dr. Bagot 

Arielle Granat

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